Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:00

 

Bonne Année??

 

"Un peu en retard?" me direz-vous?  Ben non!  Même que je suis en avance.  La nouvelle année, c'est après-demain!  En tout cas, ici, en Chine.. c'est comme ça que ça passe dans l'temps des Fêtes.. swing la galette, les garçons, les filles avec!  :-) 

 

Ça fait bientôt une semaine que je suis en vacances et j'observe, tout autour de moi, les préparations pour le Nouvel An chinois.  Mes voisins d'en face ont installés leurs lumières de Noël, agrémentées de quelques lampes chinoises.   Les autobus sont pleins de monde avec des sacs et des paquets jusqu'en dessous des bras.  Tous les taxis sont pris.  Les routes sont pleines d'embouteillage.  Les magasins sont pleins de monde fébriles.  Tout le monde est pressé et les caisses des épiceries dérougissent plus.  C'est le temps des Fêtes comme par chez nous avec, en bonus, des pétards et des feux d'artifices.

 

Ma première semaine de vacances se déroule assez simplement dans la ville avec des amis.  J'ai finalement écouté les conseils de tous mes amis et étudiants chinois qui disaient que ce serait fou de prendre le train ou tout autre moyen de transport pour sortir de la ville avant le Nouvel An et tout de suite après.  Tous les Chinois retournent dans leur famille pour le réveillon.  Les trains sont donc pleins à craquer et tout le monde est stressé.  Je ne me voyais donc pas arriver à un guichet pour acheter un billet et balbutier quelques syllabes incongrues en Chinois pour ensuite ne rien comprendre de ce que l'on me répondrais.  Je peux très bien imaginer l'impatience du préposé et des autres clients derrière moi.  Depuis que je suis en Chine, je suis tous les jours témoin de l'épais brouillard d'indifférence qui sépare les gens dans leur promiscuité.  Bien que les Chinois soient hyper-gentils lorsqu'ils te connaissent ou veulent te connaitre, tu n'es qu'une humaine parmi tant d'autres dans une ville de six millions lorsque tu es une inconnue, qui plus est, une étrangère.

 

La valeur de la vie..

 

La semaine dernière, alors que mes étudiants s'émerveillaient de la quantité de lacs et de rivières qui parsèment le Québec, je leur racontais que parfois certaines personnes avaient encore tendance à ne pas leur faire trop attention justement parce qu'il y en avait beaucoup.  Ils m'ont répondu, un peu à la blague, qu'en Chine, il y avait beaucoup de monde.  Si la rareté donne de la valeur aux choses, la vie humaine perd de la sienne dans une ville surpeuplée.  L'impatience et l'agacement prend le dessus sur tout le monde.  Il n'y a qu'à les regarder conduire pour comprendre.  Ils ne veulent pas vraiment faire de mal à qui que ce soit, mais il faut être réaliste..  quand on est six millions..  un de plus, un de moins...

 

Mais pour l'instant, c'est la fête!  Au moment oû je vous écris, les pétard pétaradent depuis des heures dans les rues du quartier.  Demain, ce sera leur réveillon.  Dans la foule, sur Zhong Jie et Tayuan Jie, c'est la fébrilité des dernières commission pour terminer les préparatifs.  Demain, la famille arrive.

 

Mandarin and me..

 

Pendant ce temps, moi, j'apprends le Mandarin "full pin".  C'était d'ailleurs le conseil d'une de mes étudiantes lorsqu'ils m'ont découragée de prendre le train.  Je leur avais alors demandé ce qu'ils me conseillaient de faire.  Une d'entre eux m'a alors fait un petit sourire désolé, mais réaliste:  "rester ici et apprendre le Chinois" m'a-t-elle répondu sagement.  Je savais qu'elle avait raison.  Si c'est, en partie mon manque d'expérience en Mandarin qui me garde clouée ici, la solution, c'est d'améliorer ma connaissance de la langue au maximum en prévision des prochaines vacances.   (Parce qu'il y en aura d'autres..)  Et celles-ci sont loin d'être finies.  Je pourrai bouger lorsque le Nouvel An sera passé. 

 

Bon!  Le beau grand voyage dans le Sud dont j'avais rêvé est irréaliste sur presque tous les points, mais il reste plein de choses à voir dans le Nord de la Chine.  C'est sûr qu'il fait "frette", mais coudonc.. ch't'une Québécoise, j'ai la couenne dure.

 

 

Guo Nian Hao!  (Bonne Année!)

 

..MFrance

 

PS-  C'est dommage, mon ordinateur ne supporte pas encore les caractères chinois, sinon je vous l'aurais écrit en chinois.  Je commence à être bonne.  ;-)

 

 

 

Par MFranceFa9 - Publié dans : hors des sentiers battus - Communauté : Blogueurs du Québec
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 11:23

 

Mes étudiants, mon travail.. 

 

Déjà un mois et demi que je suis en Chine et je m'adapte quand même assez bien.  Mon travail est super.  J'enseigne le français à des adultes chinois.  La plupart de mes étudiants veulent immigrer au Québec.  D'autres veulent étudier en France.  Mes étudiants sont supers.  Je vois ici l'envers de l'immigration, le processus initial.. la poursuite d'un projet à long terme qui se fait souvent en famille.  La plupart ont décidé d'immigrer il y a un an ou deux.  Certains ont carrément laissé leur travail pour étudier le français à temps plein.  D'autres étudient le soir ou la fin de semaine.  Le résultats sera le même.  Ils devront tous atteindre un niveau B1 oral au TFAQ (Test de français adapté au Québec).  C'est maintenant obligatoire pour immigrer au Québec.

 

B1, ça veut dire que mes étudiants pourront faire des phrases relativement complexes.  Ils auront un bon bagage de vocabulaire et pourront se débrouiller dans la plupart des situations de la vie.  Mais ça voudra dire aussi qu'il devront réfléchir quelques secondes avant de former leur phrase.  Si vous parlez vite, ils devront vous faire répéter la phrase avant de comprendre.  C'est sûr que ça aiderait de parler un peu lentement.  Mais ils comprendront.  Si vous faites aussi des efforts, ils comprendront.  

 

Shenyang-Hiver-2012-014.jpg

 

Bref, mon travail va bien.  Mes collègues sont supers.   On est une petite famille de francophones et francophiles qui se côtoient tous les jours et ont passé les Fêtes ensemble.   Mes étudiants sont motivés et intéressés et moi, je n'ai jamais assez de temps et j'ai toujours plus de choses à leur en dire sur le Québec et notre culture.

 

La langue..

 

Si le soir, je mange généralement chez moi, avec une fourchette.  Le midi, je mange à l'Université avec des baguettes.  La cafétéria offre des repas complets pour environ 1$, alors j'en profite un peu.  Les deux ou trois premiers jours, mes collègues ont commandé pour moi.  Ensuite j'ai décidé de devenir plus autonome et j'ai appris un mot très important:  "Zhe ge!" (ce qui veut dire "Ça!").  Depuis, je choisis ma bouffe avec les yeux.  J'achète dans les endroits de type buffet oû je peux voir et pointer du doigt ce que je veux.   "Zhe ge, zhe ge zhe ge, daizo (pour emporter)"  et le tour est joué.  À tous les jours, je mange du "zhe ge" et, à tous les jours, je mange différent.  Depuis quelques semaines, j'ai aussi appris "Bu yào fan" (je ne veux pas de riz) ce qui m'évite un énorme gaspillage. 

 

Sans blague!  Mon apprentissage du mandarin évolue de plus en plus vite depuis les dernières semaines.  Je ne peux pas encore converser, ni même réagir ou me défendre, mais je peux répondre à des questions simples comme mon nom, mon age, ma nationalité.  Je peux présenter ma famille et, à la limite, je peux demander mon chemin.

 

Ça m'insécurise un peu parce que les vacances arrivent à grands pas (dimanche) et je veux voyager et voir du pays.  Puis-je vraiment acheter un billet de train toute seule sans aide dans une période oû l'achalandage (c'est le Nouvel An chinois) dépasse l'imagination?  C'est ce que nous saurons la semaine prochaine.

 

La ville..

 

En attendant, j'essaie aussi d'apprivoiser ma ville, Shenyang.  Vous savez, une ville de plus de 6 000 000 d'habitants, c'est un drôle d'animal sauvage.  Si on inclut la banlieue, on peut compter jusqu'à 8 000 000 d'habitants.  C'est tout le Québec entier qui se retrouve entassé au même endroit.

 

Question pollution, on le ressent tout de suite.  On plutôt, on le respire.  La première semaine, j'étais outrée de voir (et d'entendre) les Chinois se racler bruyamment la gorge avant de cracher par terre.  Parrallèlement je ressentais dans ma propre gorge et mes sinus des sécretions et des inconforts qui me laissaient songeuse.  Quel était donc cet air que je respire?  J'ai eu ma réponse sur le rebord de ma fenêtre de chambre.  Alors que je

venais juste de la nettoyer il y avait deux semaines, je suis restée incrédule devant cette poussière noire épaisse qui s'était déposée devant ma fenêtre ouverte.  Alors, j'ai fait comme beaucoup de Chinoises et Chinois, je me suis acheté un masque qui s'accrochent derrière les oreilles.  Ils sont, pour la plupart, décoratifs et ils ont aussi l'avantage de réchauffer le nez à -20C, mais ils filtrent avant tout les particules polluées dans l'air.  Ça fait une grosse différence dans mes sinus.  Je le sens tout de suite.

 

 

Shenyang-Hiver-2012-004.jpg Les premiers temps, le simple fait de sortir de chez moi et de prendre un chemin différent était une découverte.  J'essayais aussi de trouver des supermarchés oû je pourrais acheter de la bouffe que je comprendrais et avec laquelle je saurais quoi faire.  Je suis maintenant rassurée.  J'ai mon café, ma sauce à spaghetti et je sais même oû trouver du fromage si j'en veux.  Ce qui n'est pas peu dire.  Le fromage est quasi inexistant en Chine.

 

Ma rue..

 

Mais l'endroit le plus spectaculaire de ma ville, il est juste en bas de chez moi.  Ma rue est une vraie boite à surprise.  Chaque fois que je sors, je ne sais jamais ce que je vais y trouver.  L'atmosphère y est parfois dynamique, parfois tranquille, parfois fébrile. 

 

J'habite juste à côté d'un marché. 

 

Shenyang-Hiver-2012-017.jpgCe marché, je dois le traverser tous les jours pour aller au travail ou ailleurs.  Ce n'est peut-être pas le plus beau marché du monde, mais c'est le mien.  De jours en jours, d'heure en heure, il n'est jamais pareil.  Certains commerçants reviennent régulièrement s'installer au même endroit.  D'autres sont plutôt nomades et on ne les voit que rarement.  Malgré tout, le marché est toujours bondé de monde vers la fin de la journée et d'autres marchants nomades ont pris la place de ceux d'hier.  Parfois on les revoit quelques jours ou quelques semaines plus tard. 

 

Shenyang-Hiver-2012-016.jpgLes kiosques sont de qualités différentes.  Des fèves et des graines dans des jolis paniers d'osiers.  Des poissons gelés étendus sur une bâche.  De la vaisselle sur des cartons par terre.  Et même, des poules qu'on égorge Shenyang-Hiver-2012-012.jpgpour vous sur demande.  Il y a de tout dans mon marché.  J'y ai même vu, une fois, des dentiers (oui! oui! à vendre! Bien sûr!)

 

 

J'ai pris ces photos une avant-midi tranquille oû une poignée de marchands à peine s'étaient installés.  Quand je suis ressortie quelques heures plus tard, la rue était bondée de kiosques, de marchants et de clients qui circulaient. 

 

Le climat..

 

Je les trouve quand même courageux, ces Chinois, de maintenir un marché extérieur en plein hiver.   Comme beaucoup de Québécois, je croyais avant de venir ici, que nous avions, au Québec, l'exclusivité des grands froids.  J'ai presqu'été blessée dans mon orgueil de constater que nous avions de sérieux compétiteurs questions climat dans le nord de la Chine.

 

 

Shenyang-Hiver-2012-041.jpg

Il y a quand même quelques différences.  

Contrairement au climat du Québec qui est instable et changeant, celui de Shenyang est cruellement persistant.  Il faisait -10C lorsque je suis arrivée à Shenyang.  Depuis la température est tranquillement descendue jusqu'à -20C.  Et à deux ou trois degrés près, il fait toujours la même température de jours en jours.  Ça varie entre frett' et ben frett', entre peu ou pas venteux et entre sec et très sec. 

 

 

Malgré tout, j'espère que tout ce passe bien au Québec.  À par ce qui se passe dans les journaux, je n'ai pas beaucoup de nouvelles.  Je vous aime très fort et je pense à vous.  Je vous donnerai des nouvelles de mes vacances.

 

 

Au revoir.  Amour.

..MFrance

 

 

 

 

 

 

 

 

Par MFranceFa9 - Publié dans : hors des sentiers battus - Communauté : Blogueurs du Québec
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 07:32

 

 

Ça fait déjà 7 jours que je suis arrivée en Chine et ... (Mon doux que le temps passe vite quand on n'a pas le temps de s'ennuyer!)  je m'habitue peu à peu à mon nouvel environnement. 

 

 

Le soir de l'arrivée..

 

Il y a 8 jours à peine, je quittais mon Québec natal pour m'engoufrer dans un avion en direction de la Chine.  24 heures et 2 escales plus tard, j'atterrissais dans ma nouvelle ville, Shenyang, oû il faisait 10 degrés de moins qu'à Montréal.  Deux de mes futurs collègues de travail m'attendaient à l'aéroport.  Un Chinois, Martin, qui a habité 6 ans en France et parle très bien français et Julie, une Française qui est déjà professeur à l'Alliance française oû je vais travailler. 

 

On est revenue en voiture jusqu'à la ville.  C'est là que le choc culturel a commencé.  Il faut d'abord vous dire qu'en embarquant dans la voiture, je n'ai pas pu trouvé la "plug" de ma ceinture de sécurité.  Ne pouvant pas m'attacher, j'ai demandé à la blague si la ceinture était obligatoire en Chine.  Je m'attendais à un "oui" et que mes nouveaux amis m'aident à trouver cette foutue "plug" .  Au lieu de cela, on m'a tout simplement répondu que "non, c'était pas obligatoire" et que certains chauffeurs de taxi se trouvent même insultés quand leurs clients la mettent.  N'ayant plus la force de m'obstiner, j'ai gardé ma ceinture dans les mains (manie de Québécoise), tout en étant consciente que, dans les circonstances, c'était tout à fait inutile. 

 

Mais sur la route, curieuse de découvrir mon nouveau pays même à travers une vitre de char, je me suis penchée de côté pour voir entre les deux sièges et... horreur!  moi qui n'est généralement pas nerveuse en voiture, je me suis mise à me cramponner à ma ceinture, me demandant si, en cas d'accident, elle pouvait quand même m'être utile.  Pendant ce temps, j'entendais Julie gentiment babiller que Martin venait tout juste d'avoir son permis de conduire (depuis quelques mois à peine) et qu'avant ça, ils devaient louer une voiture pour aller chercher les nouveaux professeurs à l'aéroport.  À voir comment il choisissait de changer rapidement de voie sans freiner lorsque c'était bondé de monde et qu'il se faufilait entre les voitures et les piétons, je me demandais si je n'aurais pas préféré la première solution. 

 

Après un certain temps, j'ai décidé de ne plus regarder et de laisser tomber cette ceinture ridicule.  Il y a des moments dans la vie oû il ne faut pas trop s'obstiner.  De toute façon, j'étais trop fatiguée pour le faire, alors...

 

On est quand même arrivés à l'hôtel en un seul morceau.  Martin s'est occupé de m'enregistrer à la réception.  J'ai posé une question à la réceptionniste en anglais et c'est là que j'ai eu mon deuxième choc culturel:  En Chine, tout le monde parle chinois.  Moi qui pensais apprendre le chinois juste "pour le fun" et pouvoir me débrouiller un peu partout en anglais.  Je découvre que l'apprentissage du mandarin n'est pas un p'tit luxe que je me paye, ça devient une nécessité.

 

Moi qui avait espérer trouver à mon arrivée une petite chambre d'hôtel décorée avec des meubles chinois et un charme exotique qui m'aurait fait sortir ma caméra pour vouloir vous montrer ça tout de suite!  Eh ben non.. une chambre d'hôtel ben ordinaire, propre mais tout ce qu'il y a de banal. 

 

 

Deuxième journée..

 

Le lendemain, Martin revient me chercher à l'hôtel pour m'aider à m'installer dans Shenyang.  Mon employeur ne me paye que 2 à 3 nuits seulement à l'hôtel, il nous faut donc trouver un appartement le plus vite possible.  On me rassure tout de suite, c'est généralement assez facile à trouver et avec l'aide de Martin, il est possible de visiter 7 à 8 appartements par jour, donc j'ai le choix.  Nous avons aussi ouvert un compte de banque et trouvé une solution pour un téléphone cellulaire.

 

Il ne m'a fallu que quelques minutes pour comprendre que j'avais très mal jugé Martin sur sa façon de conduire, la veille.  Compte tenu de la conduite générale de tout le monde, il s'avère un chauffeur aguerri et relativement prudent. 

 

Ne disposant pas d'un très grand budget et m'ayant fait dire qu'en Chine, on doit payer généralement 6 mois de loyer d'un coup plus une caution d'environ un mois, j'ai lancé l'idée d'habiter en colocation.  Je me voyais déjà dans un bel appartement sympathique rempli d'expatriés tout comme moi.  Des gens qui venaient de partout dans le monde, peut-être même d'Allemagne, d'Espagne, de France ou d'Angleterre, avec lesquels je pourrais communiquer dans toutes les langues que je connais déjà, et chez qui les manières ne seraient pas si différentes des miennes.

 

Devant son ordinateur, Martin consulte les petites annonces.  Il me demande si j'accepterais de partager mon appartement avec une Chinoise.  "Pourquoi pas?" que je réponds.  Je suis une fille ouverte d'esprit et les Chinois sont très gentils.  Les Chinois sont gentils, ça c'est vrai, mais mon ouverture d'esprit s'est rembruni après avoir visité deux ou trois taudis.

 

Entre-temps j'ai visité ma future école qui occupe des locaux dans l'Université de Shenyang.  J'ai rencontré quelques uns de mes collègues (tous très gentils) et j'ai été initiée (toute une expérience!) à la cafétéria de l'Université.

 

Retour à l'hôtel vers 18h00, alors que je cogne des clous et ne tiens plus debout.  Je saute dans mon lit et je m'endors.  Je me réveille vers 23h00 avec l'envie de prendre l'air.  Je me risque timidement hors de l'hôtel pour une marche autour du bloc.  Je ne sais pas de quoi j'ai le plus peur, des Chinois ou de me perdre?  Les Chinois ne semblent pas bien dangereux.  Martin me le confirmera le lendemain: "pas plus dangereux qu'en France".  Pour ce qui est de me perdre, j'ai la carte de l'hôtel avec son adresse en chinois sur moi.  Re-dodo deux heures plus tard jusqu'au petit matin.   On va en venir à bout de ce foutu décalage horaire.

 

 

Troisième journée..

 

Il y a une rue oû on est passé deux ou trois fois la veille et qui m'avait vraiment impressionnée.  De toutes les rues de Shenyang, c'est la seule qui ait attiré mon attention.  Ce n'est pas très loin de l'Université et tout le long de la rue, il y a un marché chinois.  Les marchands sont tous là avec leurs étalages miteux installés presque par terre ou sur des brouettes et autres établis de fortune.  Les acheteurs circulent comme des limaces.  Les voitures essaient tant bien que mal de se frayer un chemin.  C'est sale, c'est laid, mais je ne sais pas pourquoi, j'aime cette rue.  C'est très chinois.

 

Le premier appartement que nous visitons ce matin-là se trouve tout au bout de cette rue.  En grimpant les quatre étage dans la cage d'escalier de ciment probablement jamais balayée de sa vie, je me sens totalement à l'aise.  Même en visitant des édifices plus propres hier, je ne m'y sentais pas si bien.  J'ai un bon sentiment.  L'appartement est joli, mais immensément crasseux.  La salle de bain dégage une odeur que je qualifierais... "d'intense" et la cuisine n'a jamais été nettoyée. 

 

Malgré tout, je tombe en amour avec cet appartement.  Je n'ose pas me l'avouer sur le coup.  Je désire en voir d'autres.  Le ménage me décourage un peu et je me demande si je vais vraiment pouvoir venir à bout de cette odeur nauséabonde dans la salle de bain.  Mais la propriétaire me prend chaleureusement par la main tout en me faisant visiter.  Elle me regarde dans les yeux en parlant à Martin en chinois.  Son mari reste assis sur le divan et nous regarde, songeur.  Ils me semblent de bonnes personnes et j'ai envie de leur faire confiance.  En fait, j'ai envie de les aimer sur le champ.   Juste à côté, il y a une cour d'école.  Par la fenêtre, j'entends les enfants jouer.  

 

On continue quand même nos recherches et le deuxième appartement est déjà beaucoup plus propre, équivalent en beauté sinon plus et... moins cher.  Il comporte quand même quelques petits désavantages, mais une personne raisonnable le choisirait sûrement.  Tout le reste de la journée, je chercherai ce petit côté raisonnable en moi.  À la fin de la journée, j'essaie encore.  Je fais mille tours dans ma tête.  Je demande à Martin de repasser dans la rue en voiture.  J'essaye de me faire changer d'idée, mais sans succès.  Mon choix est fait depuis le matin.  Je prends le premier.  Aussitôt que ma décision est prise, je me sens bien.

 

On reprend rendez-vous avec les propriétaires.  Ils ont maintenant leur petite-fille (d'environ 7 ans) avec eux.  La dame est aussi chaleureuse que ce matin.  Son mari tout aussi taciturne.  La petite-fille est drôle et dégourdie.  Elle veut me montrer tout l'anglais qu'elle connait.  On s'entend sur le prix, les détails.  Il y a des choses dans l'appartement qui appartiennent aux anciens locataires.  Elle m'assure qu'ils viendront les chercher avant le 10 décembre.  En attendant, on va tout mettre dans la deuxième chambre (c'est un 4 et demi).  Je retourne à l'hôtel le coeur léger.  Le lendemain, je reviendrai avec mes trois petites valises pour faire le ménage et m'installer.

 

 

Quatrième journée..

 

Dans ma première marche nocture autour du bloc de mon hôtel, j'avais aperçu par hasard ... un Wal-Mart.  Si on m'avait dit qu'un jour, moi, anti-consommatrice par excellence, je serais rassurée à la simple vue d'un Wal-Mart, je me serais tordue de rire.  Mais, ici, les seuls repères auxquels je peux me raccrocher, ce sont justement, ces gros noms de la consommation, alors j'abdique.  Je commencerai donc ma quatrième journée par une excursion au Wal-Mart pour y acheter, bien sûr, des produits d'entretien ménager.   Enfin, n'importe quoi qui puisse m'aider à faire partir la puanteur qui sévit dans ma future salle de bain.  Le Wal-Mart était-il à un coin de rue ou deux de mon hôtel?  N'en étant pas si sûre, je fais donc un détour d'environ une heure, une grande marche à travers Shenyang qui me fera faire un immense tour et me ramènera grâce en partie à mon instinct hors-pair, à mon merveilleux sens de l'orientation et, un peu aussi, il faut bien l'avouer, à la chance, en plein sur mes pas.  Je finis par trouver le fameux Wal-Mart et je fais mes emplettes.

 

Puisqu'on est en pleine marche dans la ville, je devrais peut-être en profiter pour vous expliquer un peu la façon dont les Chinois conduisent.  Le premier matin, Martin m'avait bien avertie d'être prudente, d'attendre au feu rouge.  Il m'avait dit que bien que le traffic de Shenyang peut sembler un peu fou, très peu d'automobilistes omettent de respecter LA règle (qui est d'arrêter au feu rouge).  Je dis bien LA règle, parce qu'apparemment, il n'en existe aucune autre.

 

Rester dans sa voie, vérifier son angle mort, clignoter ou même laisser passer les piétons sont des concepts totalement étrangers ici.   Je ne ferme presque plus les yeux quand Martin passe entre deux piétons, les frôlant presque, sans ralentir.  Ce qui est le plus drôle, c'est qu'eux-mêmes ne bronchent même pas.  Ce qui, au Québec, aurait déclenché une guerre de blasphèmes et un doigt d'honneur bien mérité n'est ni plus ni moins que la routine ici.  Heureusement, les voitures ne circulent pas très vite quand même.  L'ampleur du traffic ne leur en donne pas la possibilité, mais tout le monde refuse de ralentir même à l'approche d'une foule.  Là oû les Québécois rouleraient en alternant les deux pédales de façon nerveuse et brutale, les Chinois roulent à vitesse constante sans accélération ni freinage. 

 

Bref,  j'ai appris à circuler dans cette foule urbaine quand même assez facilement.  Il suffit de faire attention et, dans le doute, je me tiens près des autres piétons, me disant que si quelqu'un n'a pas de complexes à frapper une personne, il en aura peut-être à en frapper plusieurs.

 

Lorsque j'arrive à mon appartement ce matin-là, c'est non seulement la panne d'électricité, mais bien pire... la panne d'eau.  Mon chien est mort pour le ménage.  On signe le contrat, je paye le loyer et je retourne après tuer du temps au bureau puisqu'il est impossible de faire du ménage chez moi.  C'est le soir que je commence mon ménage, m'attaquant d'abord à ma cuisinette, décapant murs, céramique, poêle et lavabo. 

 

 

Cinquième et sixième jours..

 

J'alterne ménage d'appartement et observation de cours (formation) au travail.  Ma salle de bain est si décourageante que je prendrai deux jours pour la faire.  En encore..  je décape le plus gros et je me promets de revenir pour faire plus en détails.  Je me tape aussi une autre excursion jusqu'au Wal-Mart, mais cette fois à partir de chez moi.  Ce qui représente donc une vraie marche d'environ une heure aller, une heure revenir.  Ça me fait découvrir la ville et je suis à la recherche de quelque chose de très spécifique:  du bicarbonate de soude.  J'en avais pris un peu avant de partir de chez ma mère, mais si j'avais su, j'en aurais pris trois caisses.  Plus que l'odeur insoutenable de ma salle de bain, le drain de la douche est bloqué, la douche ne fonctionne pas, ni la "tank" à eau chaude.  Quand ça va mal...

Martin a appelé les propriétaires mais ils ne viendront que samedi (7e jour).  En attendant, ma douche est encore trop dégueulasse pour que je me lave dedans de toute façon.  Alors je fais chauffer de l'eau sur le poêle et je me lave à la mitaine.  Au Wal-Mart, je me fais une petite épicerie avec presqu'autant de produit de nettoyage que de bouffe.  Cette semaine, je mange du "Mr. Net" et du vinaigre. lol. 

 

 

Septième jour..  (le samedi en question)..

 

Premier jour de cours à l'école.  Tout se passe très bien.   Entre-temps, je contacte Martin pour savoir à quelle heure les propriétaires vont passer.    Il me fait savoir qu'il vont venir ce soir avec les anciens locataires qui vont venir chercher des affaires, mais peut-être aussi habiter quelques jours avec moi... comme colocataires.   Quoi?!?   Je réponds que je ne suis pas d'accord.  Je suis maintenant chez moi et je n'ai pas l'intention de partager avec qui que ce soit.  Il me dit que la propriétaire n'y peut rien.  Quand j'arrive chez moi, quelqu'un est passé par là.  Il y a des objets qui ne m'appartiennent pas.  J'essaye de rester calme et de bien réagir à tout ça. 

 

Ça cogne à la porte.  La propriétaire arrive avec sa fille, son gendre et leur petite fille (encore la même).  Ils sont chaleureux, gentils et serviables.  Pendant que le gendre commence à tout réparer dans ma salle de bain, la fille communique avec moi tant bien que mal en anglais.  Elle m'explique que les anciens locataires ont signé jusqu'au 10 décembre.  Ils n'habitaient plus ici, mais là, ils veulent revenir, dieu sait pourquoi.   Je pense que je n'ai pas vraiment le choix et décide de prendre la chose avec un grain de sel.  Toute la joyeuse famille reste chez moi plus d'une heure, à régler des petits problèmes par-ci, des gros problèmes par là, à apprendre l'anglais, à m'enseigner le mandarin, à se comprendre tant bien que mal et à trouver ça drôle.  Les fameux colocs viennent faire leur tour aussi et je vois deux jeunes Chinois dans la vingtaine très polis et très gentils.  Autant être gentille avec eux et les accepter poliment que les repousser et avoir des problèmes.   

 

 

Huitième jour..  (aujourd'hui)

 

J'ai pu faire plus amplement connaissance avec un de mes colocs.  Il est très gentil (comme tous les Chinois, d'ailleurs) et je semble l'avoir impressionné avec mon ménage.  D'ailleurs, ils s'efforcent tous de passer la moppe quand ils sortent de la salle de bain.  C'est une histoire ... à suivre.

 

 

 

Palmarès des choses les plus inusités que j'ai vues cette semaine..

 

Outre leur façon de conduire et leurs standards de salubrité, il y a certains petits chocs culturels qui sont totalement inclassables, mais dignes de mention.  J'ai donc décidé de vous faire un petit palmarès des choses qui m'ont le plus surprises (positivement ou négativement).

 

En troisième position:   Un matelas (le mien), en apparence très propre et encore recouvert d'une gaine de plastique (cette propreté jurait avec le reste de l'appartement, j'aurais dû me méfier).  J'avais omis de tester pour voir s'il était moëlleux.  Le dit matelas est, en fait, rembourré ... de bois!  Oui, oui, à l'intérieur, c'est une caisse de bois.  Un "box spring" serait encore plus confortable.  À ce qui parait, les Chinois utilisent plusieurs épaisseurs de grosses couvertures pour se confectionner un matelas.  Par-dessus le matelas que je considérais propre, je dois donc étendre des couvertures dont l'hygiène est douteuse et que j'ai hâte de laver.  Alors, par-dessus ces dites couvertures, j'ai étendu une grosse couverture de laine qui ajoute au confort et que j'ai lavé moi-même avant de partir de chez ma mère.

 

En deuxième position:  Un Chinois qui pisse contre une clôture, dos à la circulation.  Jusque là, tout va bien.  Sauf que la dite clôture (de métal) sépare la route du trottoir.  Il fait donc face au trottoir.  Et nous (Martin et moi), nous sommes en voiture et nous circulons sur le trottoir (ça aussi, c'est digne de mention) et il a sa bite à l'air à -10C et il nous regarde passer sans broncher.  lol.

 

En première position:  Un gros lapin blanc (pas mal plus "cute" que le Chinois qui pisse)  gambadant en liberté en pleine ville (c'est quand même une ville de 6 millions d'habitants) sur des trottoirs bondés de monde sans que personne ne semble le remarquer. 

 

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée.  Amusez-vous bien et à la prochaine.

 

..MF

    

   

PS - Désolé de ne pas avoir de photo pour accompagner ce texte.  Il faut dire que Shenyang est une ville industrielle et loin d'être touristique.  Il y a certainement quelques endroits touristiques dans la ville, mais je n'ai pas encore pris le temps de m'y rendre.  Si je n'ai pas encore prise de photos, c'est que je n'ai pas encore vu quelque chose qui méritait d'être pris en photo.  Le lapin est passé beaucoup trop vite.  Et le Chinois qui pisse aussi.  lol. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par MFranceFa9 - Publié dans : hors des sentiers battus - Communauté : Blogueurs du Québec
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 18:22

 

On parle beaucoup de la situation précaire de la langue française à Montréal.   On met rapidement la faute sur l'immigration.  On mise sur les cours de francisation.  Et on met tous nos espoirs dans le respect de la loi-101.  

 

De mon côté, j'observe ce qui se passe autour de moi et, en tant que professeur de francisation, j'ai l'impression qu'on passe peut-être à côté de la solution.

 

  

Et si la balle était dans notre camp?

 

On croit souvent à tort que les immigrants ne parlent pas le français.  Disons plutôt qu'il ne parlent pas encore parfaitement français.  Ça demande du temps et de la patience pour apprendre une langue.  Ça demande aussi une bonne dose de patience du côté de la population. 

 

Dans l'apprentissage des langues aussi, j'ai mon lot d'expérience.  J'ai appris l'allemand en Autriche, l'italien en Italie, l'espagnol en Espagne, le français au Québec et l'anglais un peu partout.  Ça s'appelle l'immersion.   L'immersion, c'est le meilleur moyen, sinon le seul, pour apprendre à parler une langue couramment. 

 

Malgré tout le respect que j'ai pour ma profession et la passion que j'ai à enseigner, mon travail est insuffisant s'il n'est pas accompagné de l'immersion.

 

 

Dans quelle langue immergeons-nous nos immigrants, au Québec?

 

Malheureusement, les Québécois répondent trop souvent systématiquement en anglais aux immigrants.  Parce qu'ils ont un accent ou les yeux bridés, on ne prend pas de chance, on leur répond en anglais.  Parfois même avant d'avoir tester leur niveau de compréhension française.  Et ce, même lorsqu'ils s'adressent à nous... en français.  

 

Quels sont nos prétextes pour réagir de la sorte!?

 

Voici ce que j'entends souvent..

 

 

- "Je veux être sûr(e) qu'ils me comprennent." 

 

Qui vous dit qu'ils ne comprennent pas le français?   De plus, qui vous dit qu'ils comprennent mieux l'anglais que le français?   J'ai souvent eu des étudiants avec peu ou pas d'anglais du tout.  

 

- "C'est plus vite de leur parler en anglais

 

Oui, ça demande beaucoup de patience et de concentration pour parler lentement en français. Mais c'est un investissement primordial pour notre société et notre culture. Il est de notre responsabilité à tous d'immerger nos immigrants dans notre langue.   Et c'est un bon exercice pour ralentir un peu et prendre le temps de vivre.  De plus, ça peut rapidement devenir un jeu enrichissant, lorsque vous devez gesticuler et user de créativité pour vous faire comprendre.  Essayez et vous verrez!

 

- "On va leur donner une chance en attendant qu'ils apprennent le français"

 

En attendant qu'ils apprennent encore plus, donnez-leur la chance de pratiquer ce qu'ils connaissent déjà.

 

- "Ça me fait pratiquer mon anglais." 

 

Ce n'est pas à vous à pratiquer votre anglais, c'est à eux à pratiquer leur français. Nous sommes au Québec, alors si vous voulez apprendre l'anglais, payez-vous un voyage d'immersion en Ontario ou aux États-Unis. 

 

 

 

De toute façon, avant d'immigrer au Québec, on leur a dit que la langue parlée ici était le français.  Alors, pour la plupart, ils l'apprennent.  Ils le baragouinent à peine, mais ils font de gros efforts.  Et vous les ramenez toujours vers l'anglais.  Ça les rend perplexe.  Ils ne comprennent pas et ça les décourage.   À force, ils se disent qu'ils feraient peut-être mieux d'aller suivre des cours d'anglais pour... accomoder les Québécois.    ;-)

 

 

Dans tous les cas, le message qui est lancé, c'est:  "Ce n'est pas grave.  Nous, les Québécois, nous sommes disposés à parler en anglais avec vous tant et aussi longtemps que votre français ne sera pas parfait." 

 

 

De plus, quand on leur répond en anglais lorsqu'ils se sont adressés à nous en français,  le message perçu est très insultant.  C'est comme si on leur disait:  "Essaye pas bonhomme, ton français n'est pas (encore) assez bon."   C'est très démotivant pour ceux qui font sincèrement des efforts pour apprendre.  Ils se disent qu'ils ne seront jamais assez bon pour les Québécois.   

 

On ne peut pas attendre qu'ils parlent français à la perfection.  Sans l'immersion, cette perfection est inatteignable.  C'est dès le début qu'il faut les immerger. 

 

 

 

Mettons la loi 101 dans notre bouche

 

C'est une langue belle et pas seulement par écrit.  La loi 101 sur l'affichage, c'est dans notre bouche qu'elle devrait être.  Chaque Québécois devrait se sentir responsable de véhiculer sa langue autant avec les immigrants qu'avec les anglophones.  L'affichage est superficiel si en profondeur les Québécois laissent tomber leur langue à la moindre difficulté. 

 

 

 

des trucs de pro..

 

Avec les très débutants, il est vrai qu'il est plus difficile de communiquer.  Par contre, prendre le temps de le faire est un investissement direct dans la sauvegarde de notre culture.  Quand les Québécois persistent à communiquer en français, ça motive énormément les immigrants à l'apprendre.  Ça leur donne une raison directe de le faire. 

 

Pour que tout se passe bien la prochaine fois que vous rencontrerez votre voisin asiatique ou qu'un arabe vous demandera son chemin dans la rue, voici quelques trucs pour vous faire comprendre sans changer de langue.

 

 

- Parlez lentement!   (élémentaire mon cher Watson!) 

Pas si facile que ça, vous me direz?  Concentrez-vous à séparer chaque syllabe l'une de l'autre.

Profitez-en pour soigner votre articulation et votre prononciation.  ;-)

 

- Faites des phrases courtes.

Éliminez les mots superflus et, au besoin, séparez votre phrase en deux. 

Pour un débutant, une phrase de 5 mots peut être déjà assez difficile.

 

- Assurez-vous qu'une phrase soit comprise avant de passer à la prochaine.    

- Au besoin, répétez plusieurs fois la même phrase dans les mêmes mots.

N'ayez pas peur de répéter.  Quand ils sont débutants, ils doivent analyser chaque phrase une par une.   Ils entendent d'abord des syllabes qui s'entrechoquent et doivent trouver où sont les mots.  Si vous répétez les même mots, ça leur donne le temps de les reconnaitre et de tout analyser avant de passer à la prochaine phrase.

Au contraire, si vous enchainez les phrases une après l'autre sans ralentir, ils seront encore en train d'analyser la première pendant que vous prononcerez la deuxième et, à la troisième, vous les aurez perdus pour de bon.

 

- Utilisez un vocabulaire accessible.

Allez-y mollo avec le joual.  Ils doivent apprendre le français avant d'apprendre le québécois. 

 

- Parlez avec les yeux, les mains, les gestes.

Associez le geste à la parole et vous deviendrez un professeur hors-pair.

 

- Parlez bilingue!  Pourquoi pas?!

Vous en tenir au français vous semble trop difficile?  Alternez entre les deux.    Essayez tout de  même d'utiliser plus de français que d'anglais.

 

- Au besoin, faites des dessins.

Pour ceux d'entre vous qui aimez gribouiller...

 

 

 

En y mettant du sien, chaque Québécois devient donc un petit professeur à temps partiel.  Si on s'y met tous ensemble, on peut conserver notre langue, notre culture.  L'exercice peut être amusant, enrichissant et tout le monde en sort gagnant. 

 

 

J'irai bientôt en Chine, enseigner le français aux Chinois qui veulent immigrer ici.  Je ne me fais pas d'illusions, mes étudiants ne parleront pas couramment français en arrivant ici.   Je vais leur donner la base.  Ils continueront leur apprentissage ici.  Mais ce sera au peuple québécois de parfaire leur éducation.  C'est en s'impliquant tous ensemble qu'on peut y arriver. 

 

 

.. C'est une langue belle, alors immergeons-nous en!     ;-)

 

 

 

 

 

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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 21:01

Mon chemin de Compostelle, revu et corrigé..

 

Ça faisait longtemps que je voulais le faire.   La plupart des articles avaient été publiés en vitesse dans les cafés Internet, sans même avoir été relus.  Alors je savais que c'était plein de fautes.  

 

Il y en a probablement encore quelques unes, mais c'est sûrement moins pire.  J'avoue que je ne suis pas très rigoureuse sur la correction.  Je suis trop captivée par mon plaisir d'écrire et/ou mon plaisir de relire et de revivre cette magnifique aventure.

 

Et pour une grande aventure, ça en a été toute une.  Un mois et demi de marche intensive, de rencontres, d'émotions, de réflexions, de cheminement autant réel que spirituel. 

 

Quand on chemine sur le Chemin de St-Jacques, on ne peut s'empêcher de le comparer au Chemin de la Vie.  Car tout s'entrecroise, les paysages, les nouveaux visages, les jours de pluie, les sourires, la bonne bouffe, les ami(e)s, les dortoirs, apprendre à vivre avec les autres, et marcher.

 

Marcher, c'est un travail.  On en prend conscience sur le chemin.  Même sans salaire, même sans patron, on se lève tous les matins et on organise son sac à dos, on s'embarque sur le chemin, on travaille physiquement et mentalement.  Qu'on marche seul ou avec les autres, le chemin nous amène à beaucoup de réflexions.  Et tout en marchant, on grandit.

 

Alors, la voici, du début à la fin, revue et corrigée, l'histoire complète de mon chemin de Compostelle. 

 

(Si vous trouvez encore des fautes, laissez-moi un courriel.)

 

 

en passant par La Rochelle...

le strict minimum, prise II                  (début de la marche sur la frontière franco-espagnole)

El camino del Norte                           

Somos Peregrinos (nous sommes des pèlerins)

Choisir le chemin le plus difficile.   

Choisir le chemin le plus difficile II 

Un oasis au milieu du pèlerinage.

Suivre son Chemin! Peu importe où vont les autres!

Question de perception!                     (rencontre avec Romain)

Le chemin nous nourrit.

En quête d'humilité!                             (article essentiel pour comprendre la suite)

être ou ne pas être perdue.. là est la question!

Humble pèlerine!

Astérix et Romain ... (la suite)!

Fais-moi courir, Romain!                    (MON ARTICLE PRÉFÉRÉ!)

Fais-moi courir encore plus fort..

Prête, pas prête...

St-Jacques-de-Compostelle             (arrivée à Compostelle)

Au-delà de soi!

Muxìa-Finisterre, la route du bout du monde!

In-Finisterre..

des idées folles et des plans plein la tête..

errances..                                              (l'après-Camino)

les "accros" du Camino..                   (la fin de la marche)

 

 

 

Après la marche, la marche n'était pas vraiment finie.  Après avoir fait le tour de l'Espagne, j'ai traversé la Suisse à pied.   Un mois de marche.  Ce fut un voyage fantastique.  Désolé de ne pas l'avoir raconté. 

 

Ensuite, j'ai passé 3 mois en Autriche, le temps de gagner suffisamment de sous pour revenir quelques temps au Québec guérir mon mal du pays.  

 

Aussitôt débarquée de l'avion, j'ai entendu parler d'une gang de marcheurs qui faisaient Rimouski-Montréal à pied pour protester contre les gaz de schiste.  Sensible à la cause et touchée par leur méthode de protestation, j'ai tout juste pris le temps de renouer avec ma famille et amis et j'ai embarqué dans leur marche (2 semaines).

 

Bref,  mes bottes en ont fait du chemin et sont maintenant très usées.

 

Après un été à Québec et un camping d'automne à Mont-St-Grégoire, je me prépare maintenant à aller enseigner le français en Chine pendant un an.  Je ne vous cacherai pas que j'aimerais bien y faire un autre pèlerinage.  Mes aventures sont donc à suivre...

 

À bientôt.

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 12:43

à l'honorable Diane Finley,

Ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences

Ottawa Office

House of Commons Confederation Building

Room 707 Ottawa, ON K1A 0A6

T: 613-996-4974

F: 613-996-9749

E: Finley.D@parl.gc.ca

 

 

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ainsi qu'à l’honorable John Duncan,

Ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien

COURTENAY, BC

Unit 104-576 England Ave,

Courtenay, BC V9N 2N3

Phone: (250) 338-9381

Fax: (250) 338-9361

E-mail: john.duncan@parl.gc.ca

 

 

Ayant appris que le Wapikoni mobile est, pour le moment, privé d'une partie importante de son financement, je vous demande de rectifier la situation pour qu'il puisse reprendre, le plus tôt possible, la totalité de ses activités.

 

Comme vous pouvez le constater en visionnant les vidéos et films que l'organisme a contribué à produire dans les dernières années, le système porte fruits et les jeunes ont du talent. Il est important pour le développement de ces jeunes qu'ils aient un medium pour créer et communiquer. En ce sens, le Wapikoni devient pour eux, une véritable porte sur le monde.

 

Nous ne pouvons plus le nier, nos Premières Nations, en ce moment, vont mal. C'est un peuple qui a été gravement blessé et qui, maintenant, demande à guérir. La guérison est possible, mais elle demande des outils. Ces outils, le gouvernement est en mesure de les lui fournir et je persiste à croire que c'est son devoir de le faire. Le Wapikoni constitue un outil créatif et créateur qui contribue à la guérison de notre peuple autochtone, particulièrement sur les nouvelles générations. Mais la guérison est lente et il ne faut pas chercher un résultat immédiat. Mais il faut maintenir les outils en place et laisser le temps faire les choses. Il faut aussi continuer de développer d'autres outils complémentaires pour permettre à ce peuple de s'en sortir et à la dernière génération de se développer comme elle se doit.

 

Pour bien fonctionner, le Wapikoni a besoin du financement du gouvernement. Je demande à madame la ministre Diane Finley de corriger cette erreur au plus vite et de verser la subvention dont le Wapikoni a besoin.

 

En vous remerciant à l'avance.

 

Avec tout mon respect,

 

signature,

Citoyen(ne) canadien(ne)

 

 

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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 12:19

 

Schiste!  Ça pourrait devenir un juron québécois tellement on en parle. Schiste de Tabarnak d'ostie d'calvaire!  Eh, que ça défoule!   ;-)

 

 

Certaines choses sont faites pour rester sous terre..

 

Un ami sur FB m'a demandé s'il n'y avait pas moyen d'extraire ces foutus gaz de schiste de façon écologique. 

 

C'est une question qui mérite qu'on en fasse le tour pour être sûre qu'on n'a pas oublié un p'tit détail.

 

Dans la petite case Facebook, pas de place.  Je n'aurais pu que répondre: "Non.  Il y a des choses qui sont tout simplement faites pour rester sous terre"  et déjà, la case était pleine.   Mais c'est une réponse froide et bête et elle manque d'arguments.  Elle coupe l'herbe sous le pied mais sans apporter de solutions.   Alors, me voici dans mon blog.  J'y suis plus à mon aise pour échafauder mon idée sur le sujet.

 

 

À propos de la seule méthode d'extraction (le "fracking") connue à ce jour.

 

Le "fracking" n'est pas du tout écologique. 

 

Premièrement, il salit l'eau qu'il utilise et elle ne pourra probablement plus jamais redevenir pure.  Perdue.

 

Et puis il y a les puits...

 

On plante une aiguille très loin dans la terre.  On fait une gaine de ciment pour protéger la nappe phréatique qui se trouve tout autour.  Et puis, on laisse ouvert..  pour l'éternité..  en espérant que le ciment tienne le coup..  pour l'éternité.

 

 

"Si le ciment était éternel, les viaducs ne tomberaient pas au Québec."  - Jason, un marcheur du Moratoire.

 

Le ciment, ce n'est pas éternel.  On le sait au Québec.  Combien de temps ces puits tiendront-ils?  30 ans? 60 ans? 150 ans?  Mettons qu'on utilise du bon ciment et dans des conditions idéales.  Mettons!

 

 

Imaginez-vous pour une seconde que vous êtes un cultivateur.  Vous regardez votre champ et, au milieu, il y a un grand arbre.   Cet arbre vous empêche de bien travailler, il vous force à faire des détours et des pirouettes avec le tracteur.  Alors, que faites-vous?  Vous faites comme nos ancêtres l'ont fait.  Vous défrichez votre terre.  Vous coupez l'arbre.

 

Bon!  Imaginez maintenant que c'est un puits qui se trouve au beau milieu de votre champ?  Pas un puits à eau potable, mais un puits qui menace votre eau potable.  Qu'est-ce que vous faites?  Vous passez dessus avec le tracteur?  De rage, peut-être.  Mais vous risquez, ce faisant, de polluer votre eau.      

 

Rappelez-vous... plusieurs miliers de trous, dans la vallée du St-Laurent.   Ils sont, pour le moment, éloignés les uns des autres.  Dans quelques années, ils formeront un tissu dense sur les meilleures terres agricoles du Québec. 

 

Un obstacle à l'agriculture. 

 

 

Des puits de ciments en héritage..

 

Pour parler de développement durable, il faut penser à ce qu'on laisse en infrastructures aux prochaines générations.   Les baby-boomers nous ont laissé des viaducs et des ponts, euh... légèrement chambranlants.  Mais, au moins, nous, on a la possibilité de les jeter à terre et tout recommencer si le coeur nous en dit. 

 

Par contre, des puits de ciment, ça ne se change pas de place, ça ne se démollit pas.  Au contraire,  il ne faut surtout pas qu'ils craquent parce que c'est la nappe d'eau potable qui en paye le prix.

 

Notre belle Normandeau disait: "Autant de chance de toucher à la nappe phréatique que de toucher à la lune avec des feux d'artifices".  Madame Normandeau,  quand on fait péter des feux d'artifice, la lune elle est de l'autre côté des feux d'artifice,  PAS ENTRE LES DEUX !

 

Pour ce que les baby-boomers nous ont légué, on ne peut pas vraiment applaudir, on ne peut pas vraiment chialer non plus.  Au moins, les viaducs et les ponts nous servent encore.  On va même en user un jusqu'à la dernière poutrelle.  Un autre beau résultat du Capitalisme.   Mais ces puits devront rester debout même longtemps après être taris.   

 

Qu'est-ce qu'on veut laisser à nos enfants?  De l'eau ou des puits taris? 

 

 

Comment feront-ils quand viendra le temps de les réparer, ces puits?

 

Que se passera-t-il s'il y a un tremblement de terre et que les puits craquent?

 

 

 

 

 

À qui sont les ressources ?  

 

 

Si l'être humain veut continuer d'habiter cette planète, il doit changer radicalement de façon de penser.    

 

Les ressources souterraines appartiennent à la Terre et à ses habitants.   Ces ressources n'appartiennent pas à un gouvernement, ni même à un pays, encore moins à un Particulier.  Personne n'a le droit de les vendre.  Tout au plus, pouvons-nous les cueillir pour nous et les partager gratuitement avec ceux qui nous entoure.  Et d'ouvrir largement les bras.   Parce que ces ressources appartiennent à la Terre et la Terre nourrit chacun d'entre nous.  

 

À l'opposé de cette idée se trouve l'idée du Capitalisme qui, lui, veut s'approprier le plus rapidement possible toutes les ressources de la Terre et se dépêcher de les vendre le plus cher possible et le plus loin possible avant que quelqu'un ne les lui vole.  Ce que personne ne pourrait contester, puisque tout cela ne lui appartenait pas en premier lieu.

 

Les richesses de la Terre doivent être partagées équitablement entre les générations actuelles et les générations à venir. 

 

Il faut penser en terme de partage!

 

On a tous droit d'être là.  Et nous méritons tous le respect.

 

Et l'autre à côté de toi, lui aussi, il mérite le respect.

 

 

 

Avec cette petite mentalité capitaliste que nous avons, il est impossible d'envisager un développement durable sérieux.  Encore moins un développement gazier sécuritaire et respectueux de l'environnement.

 

 

 

 

..MFrance Fa9

 

 

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C'est moi! Ich bin's!

  • Petite Marie de par le vaste Monde
  • : Les voyages et les réflexions d'une Québécoise un peu flyée.
  • Contact

Bonjour.

Je m'appelle Marie-France.   Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages.  J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une façon assez spéciale d'explorer le monde.  

Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle.  Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.  J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres.  Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois.  Je risque d'avoir des choses à dire.  ;-)

 Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance

Grüssgott.

Ich heisse Marie-France.  Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada.  Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen.  Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist.    ;-)

 

Ich wünsche Sie einen guten Besuch.

Bis bald.

..MFrance

Hola.

Soy Marie-France de Canada.  Soy profesora de Idioma y me gusta viajar.  Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais.  Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.

 

Buen visita.

..MFrance

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faire l'école buissonnière..

C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap..  juste pour voir où la vie nous mène.

 

   ... bonne école buissonnière à tous!

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