Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 22:51

Bon ben, maintenant, j'pète ma coche!  J'en ai ras-le-bol!  Faut qu'j'me défoule!

Chez moi, le français, c'est inné.  J'ai appris à lire par moi-même au beau milieu de la maternelle.  Ma grande soeur m'avait montré l'alphabet et, alors que j'étais toute seule comme une grande, je regardais ça et j'ai compris que B devant A, ça faisait BA et ainsi de suite.  Je venais d'apprendre le rapport entre les consonnes et les voyelles et, pour moi, c'était comme si je venais de peser sur le piton "power".  La machine était partie.   Ce n'est pas EUREKA que j'ai crié, mais bien "MAMAN, MAMAN, JE SAIS LIRE!".  À l'école, ils ont pensé me monter de classe, mais quand ils ont vu que j'étais poche en maths, ils ont préféré me laisser là. 

fleursQuand les autres apprenaient à écrire, moi je savais déjà comment et, en première année du primaire, je croyais déjà en la réincarnation, car j'avais entendu dire qu'apprendre, c'était en fait se souvenir de ce que nous savions déjà.  Et moi, le français, j'avais déjà l'impression d'avoir tout appris ça. 

Bref, le français, pour moi, ça a toujours été facile.  Mon français a grandi avec moi et j'ai grandi en aimant le français, en aimant apprendre de nouvelles langues et en aimant enseigner.  Aussi suis-je devenue prof de français.

En grandissant, j'ai aussi remarqué que, le français, c'était pas évident pour tout le monde et, qu'heureusement, nous n'étions pas tous fait pour devenir prof de français.

L'importance du français sans fautes. 

De nos jours, on met beaucoup l'emphase sur la qualité du français dans nos écoles.  On se fait une règle d'or de dire que le français, c'est important, qu'il faut que les enfants apprennent à écrire sans fautes.

Vous êtes-vous déjà demander pourquoi? 

Attention, je ne dis pas que le français n'est pas important, mais je vous demande pourquoi est-il si important?

D'ailleurs, je viens juste de faire une GROSSE FAUTE deux lignes plus haut et j'ai décidé de ne pas la corriger.  L'avez-vous même remarqué?  Et si vous l'avez remarqué, avez-vous compris quand même ce que je voulais dire?  Avez-vous "catché" la communication?

Parce que c'est ça, le vrai rôle d'une langue, c'est de communiquer.  C'est dire quelque chose à quelqu'un et être compris par cette même personne.  C'est ça, la vraie mission d'une langue (ou d'un dialecte).

Bien sûr, si on devient prof de français, journaliste, écrivain, secrétaire ou tout autre métier connexe, mieux vaut apprendre à bien écrire.  Ça fait plus classe.  J'estime qu'il existe entre 15 et 20 professions où il est absolumment essentiel d'avoir une connaissance exceptionnelle du français.

Mais nos enfants dans nos écoles ne devriendront pas tous prof de français.  Dieu merci!  Plus d'ouvrage pour moi.  Certains sont beaucoup plus manuels, d'autres aiment les maths, d'autres les arts ou la musique.  Chacun son dada.  Pourtant on exige de tous et chacuns, sans discrimination, qu'ils écrivent un français sans fautes.

J'ai été outrée, la semaine dernière, d'apprendre que les fautes d'orthographe et de syntaxe doivent prévaloir sur la qualité générale d'un texte, lorsque j'évalue un jeune.  C'est-à-dire que si le jeune a écrit un texte génial, original et qu'il a fait une belle recherche et que je lui met un A en contenu, un A pour la recherche, un A pour ci et un A pour ça, mais que je dois lui mettre un D en orthographe et grammaire, ainsi qu'en syntaxe et ponctuation, je ne peux malheureusement pas lui mettre ni C, ni B dans mon appréciation générale.  Ce sera un D et rien de plus.  Comme si rien ne comptait plus que les fautes d'orthographe dans la vie.  Voir les barèmes officiels sur ma grille d'évaluation. 

C'est le Gouvernement qui veut ça!  Mais, c'est aussi la Société!

Moi, je vous dis qu'à partir du moment où un jeune peut écrire un texte et se faire comprendre de ses semblables, mettre des "s" au pluriel, c'est à peu près aussi superficiel que de mettre du maquillage dans la face d'une jolie fille.  C'est ben "cute".  Ça peut avoir sa place.  Mais c'est superficiel. 

Ce qui compte, c'est de se faire comprendre.

Le message que l'on envoit à nos jeunes, c'est que si tu ne sais pas écrire, t'es un trou d'cul!  Alors que c'est pas l'cas.  Il y a des jeunes qui vont devenir garagistes dans nos écoles.  Le monde a besoin de garagistes.  Ce n'est pas un sot métier.  Il y en a qui vont devenir soudeur, d'autres menuisiers, d'autres charpentiers et j'passe tous les métiers manuels.  

L'autre jour, ma chum de fille qui a fait un BAC en Arts et qui est une super-bonne artiste m'a proposé de relever un "défit".  Ben j'ai fait ni une ni deux, et j'ai relevé son "défit" sans même lui mentionner que le mot défi ne comporte pas de "t".  On s'en fout-tu?  C'qui compte, c'est de se comprendre entre ami(e)s.

Et mon ex, le grand Amour de ma Vie, écrivait au son.  Et je me foutais bien de ses fautes d'orthographe quand il me laissait un billet doux sur le coin de la table, je comprenais ce qu'il voulait dire et c'était bien en masse. 

Si un garagiste, un jour, laisse une note à sa femme lui disant qu'il sera en "retar" pour "soupé".  C'est son problème à elle, si elle comprend pas.


Ma vision utopiste du système scolaire.

fleur.jpgLe système scolaire parfait pense à l'Enfant avant de penser à l'Argent.  Pour que ça marche, il faut personnaliser l'enseignement en réduisant le nombre d'enfants par groupe, mais aussi en les groupant par talents, aptitudes et intérêts et en poussant à bout leur principaux talents. 

Bien sûr, il faut maintenir les cours de français dans toutes les classes.  Chacun doit apprendre à communiquer.  Mais ceux qui ont des aptitudes en français (comme moi par exemple) auront des cours beaucoup plus avancés et ceux qui ont des capacités manuelles apprendront beaucoup plus tôt à travailler de leurs mains.

Dans le système scolaire idéal, les groupes ne dépasseraient jamais 15 étudiants.  C'est la moitié du nombre actuel.  Ça double le nombre de professeurs.  Oui!  Et c'est pas pour m'assurer de l'ouvrage que je fais ça.  Mais c'est parce qu'un prof, ça se sépare.  Si j'ai 30 étudiants et je passe une période de 60 minutes avec eux, ben j'ai 2 minutes chacun à leur consacrer.  Parce qu'aucun d'eux n'est au même niveau que l'autre, ni n'a le même intérêt.  Alors ceux qui veulent apprendre doivent attendre après ceux qui niaisent.  Et ceux qui niaisent bouffent l'énergie du prof.  Et pourquoi niaisent-ils parce qu'ils ne sont pas à leur place.  Parce qu'ils ont des talents qu'on ne développent pas pendant qu'on s'entête à vouloir qu'ils apprennent le français sans fautes.  C'est frustrant pour tout le monde.

Une histoire de garagiste.

La dernière fois que j'ai fait faire mon changement d'huile, je placotais tout bonnement avec mon garagiste au-dessus de mon moteur.  Il me demanda ce que je faisais dans la vie.  Je lui répondit que j'enseignais le français au immigrants (chose que je faisais à l'époque).  Impressionné, il a répliqué que ce devait être difficile.  J'ai haussé les épaules et j'ai dit: "Non, pas vraiment".  J'aurais qualifié mon travail de passionant, de stimulant, de motivant, mais jamais de difficile puisque je nageais dedans comme un poisson dans l'eau.  Mais, il ne m'a pas cru et il est revenu à la charge en me disant que ce devait vraiment être difficile.  J'ai répondu, en le regardant resserrer les boulons de mon moteur,  que si j'avais dû faire mon changement d'huile toute seule, là j'aurais trouvé ça difficile, et là, j'aurais été vraiment désemparée.

En souriant, il m'a répondu:  "C'est vrai.  Chacun son métier."


Le langage du "tchat".

Il y en a qui panique parce que les ados sont en train de révolutionner la langue française en language "tchat".

Ouain pis?!?

Les années 1950 ont vu la Révolution Tranquille.  Les femmes ont commencé à prendre la pillule et tous les Québécois ont arrêté d'aller à la messe.   Les puritains ont paniqué parce que presque tout le monde s'est mis à sacrer.  On voulait changer l'Histoire du Québec, on l'a changé. 

Les années 1970 ont vu la Révolution Hippie.  Les gars ont commencé à se laisser pousser les cheveux.  Les jeunes ont commencé à fumer du pot.   Les puritains ont paniqué parce que tout le monde a commencé à coucher avec tout le monde.  On voulait changer le Monde, on l'a changé.

Les années 1990 ont amené une Révolution technologique et, veut, veut pas, tout le monde a été obligé de s'adapter, y compris les puritains. 

Les années 2000 nous amène une Révolution linguistique.  Les jeunes se forment un code grammatical bien à eux.  Ce ne sont pas des fautes d'orthographe ou de grammaire.  Ce n'est pas du "n'importe quoi".  Ils remanient la langue... à leur image, à leur façon.  Ils remodèlent les règles de grammaire, silencieusement, mais sûrement.  Ils s'approprient les mots.  Ils ont même pousser l'audace jusqu'à nous faire croire que les mots en "ail" ne faisaient plus le pluriel en "aux".  Fausse rumeur!  Enfin, pour l'instant.  Mais quand ce sera eux au Pouvoir, quand ce sera à leur tour de jouer dans la Charte de la Langue française et de faire des réformes..  Watch out!  La règle des "ail" en "aux", c'est la première qui part, c'est moi qui vous le dit.  Pourquoi?  Parce que les jeunes en veulent plus de cette règle stupide-là. 

Comme les jeunes d'avant ne voulaient plus aller à la messe et faire des p'tits à la pocheté.  Et comme les autres jeunes d'après ne voulait plus de guerre ni attendre après le mariage pour faire l'Amour.  Les jeunes d'aujourd'hui ne veulent plus subir les caprices de la langue française.  Et les vieux (comme moi) n'auront qu'à tirer leur révérence. 

Ils veulent changer la Langue et ils la changeront.  C'est ma prédiction! 

Et c'est très bien ainsi.

Ce ne sera certainement pas à mon goût.  Et c'est sûrement avec un brin de nostalgie que je verrai la richesse de nos homophones s'aplatir comme une plaine.  Mais c'est nécessaire.  

Ce ne sera pas la première fois que la langue française subit des modifications.  Mais ça fait assez longtemps qu'elle fait chier bien du monde avec ses caprices.  Parce que, capricieuse, elle l'est pas à peu près!   Et pour quelles raisons?  Un "s" par-ci, un "t" par-là.  La moitié des mots finissent avec une lettre muette.  Au bout du compte, c'est juste de la fioriture.

Pas étonnant que ma "chum" ait mis un "t" à défi.  Les gens qui écrivent au son ajoute des "s" et des "t" aléatoirement.  Ils ont une chance sur deux de ne pas se tromper.

La langue française est dûe pour un rafraîchissement et les jeunes vont s'en occuper.  C'est d'ailleurs le rôle des jeunes de changer le monde.  Nous autres, on est trop vieux.. emmitouflés dans nos vieilles affaires.

À chaque génération, sa propre Révolution.  À chaque génération, son changement de monde.  À toutes les générations, ça fait chier les vieux parce qu'ils ont peur du changement, mais le monde a besoin de changements pour continuer à tourner.

Dans le chalet des patineurs à Granby, il y a un proverbe amérindien qui dit quelque chose comme ça:

"Ce ne sont pas les enfants qui héritent de la terre de leurs parents.  Ce sont les parents qui empruntent la terre à leurs enfants."


Bon devoir et faites vos révisions.
Le prof de French.




Par MFranceFa9 - Publié dans : ce que j'en pense.. - Communauté : Blogueurs du Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Ok, merci bien pour les précisions !

Rien de spécial à rajouter à ta réponse, c'est que je suis globalement d'accord. ^^

Et merci pour la traduction pour la lessive, il est vrai que je n'aurais pas trop compris tout seul, je pense ^^

Commentaire n°1 posté par Saunei le 31/03/2010 à 18h16

Ne te méprends pas, je n'ai pas insinué que tu te jugeais supérieure au garagiste ^^ Je poussais juste un peu la réflexion vers un "danger" que je ressentais dans tes explications, je caricaturais, comme je l'ai (je l'espère) précisé.

 

Je suis bien d'accord sur l'exploration de la personnalité et les différents types d'intelligence. Là où réside l'utopie, c'est quand on pense que l'Ecole peut (veut) s'adapter à chacun autant que ce que tu proposes. Nos dirigeants font les programmes en fonction de ce qu'ils jugent "pertinent" pour la Société... Ce n'est pas pour rien que l'on assiste à un démantellement des facs de lettre et de psychologie, de musique, ou autre. Un artiste ou un philosophe, ça ne sert à rien, ça ne produit rien de bon pour la finance. Sauf, bien sûr, si on fait de la musique préfabriquée, ultra passe partout, comme on en a dès qu'on allume la télé ou la radio, mais, dans ce cas, pas la peine de faire fac de musique... Bref, je m'égare...

Ce qu'il faut pour les sociétés de demain, c'est des dirigeants, et des précaires à gogo. Des vacataires autant que faire se peut, et puis voilà. Adieu la recherche, adieu la formation, adieu le service public.

Je n'ai pas tout saisi avec tes secondaire 3 ou 4 ou 5, car on n'emploie pas les mêmes codes par chez moi, mais je devine que ça doit correspondre à notre 5ème, 4 ème, 3 ème. (en gros, de 12 à 15 ans) Dis moi si je me trompe.

Je suis bien d'accord avec toi en disant que ça serait très bien de favoriser l'épanouissement de l'individu. Mais les directives politiques sont plutot de recentrer l'Ecole sur l'acquisition du savoir.

Les sinus, les cosinus, et autres théorèmes de Pythagore, je ne m'en sers pas souvent non plus dans la vie de tous les jours, mais je suis quand même content de les avoir appris, pour ma culture générale.

Le truc de l'accord du participe passé comparé à l'étude d'un texte... Ce sont deux exercices très différents, et je ne vois pas en quoi le fait de faire des fautes d'accord empêche de se poser des questions sur le sens d'un texte... L'exercice de compréhension d'un texte permet de développer l'intellect, ça serait dommage de s'en priver parce que des fondamentaux sont mal maitrisés, non?

Ce débat n'est pas évident.

On parle d'individus, de personnalités, de choix.

De cas par cas.

On peut difficilement faire des généralités.

Certes, pour certains, la recherche de l'implicite ou du sens d'une oeuvre ne présente absolument aucun intérêt... Mais ça peut en intéresser d'autres. Idem pour les résolutions de problèmes en maths, ou la géographie. Et je ne pense pas le système suffisament souple pour convenir à tout le monde, bien malheureusment.

De façon générale, je suis pour permettre aux gens d'avoir l'ouverture d'esprit la plus grande possible, et, pour ce faire, il faut avoir vu des choses diverses, réfléchi sur des textes, vu des applications mathématiques, et scientifiques, être un peu au courant des faits historiques... Même si ça ne sert à rien dans la vie.

Si l'Ecole ne nous amène pas à ça, alors, on est mal, car rares sont les gens qui vont d'eux même aller réfléchir au sens d'un texte hors d'un cours de français (si on en le leur a jamais montré qu'un texte pouvait avoir un contenu implicite), ou qui iront se poser tout seul une énigme mathématique ou scientifique... Ou alors j'ai une image très noire du niveau de curiosité des gens "lambda"... C'est tout à fait possible.

Je ne pense pas non plus qu'un enfant de fin de primaire soit véritablement capable de choisir ce qu'il veut faire plus tard, et, même si c'était le cas, je ne suis pas du tout certains que les parents accepteraient volontiers certains des choix de leurs enfants. Et vu que ce sont a priori les parents qui décident (un peu normal, quand même, vu que l'enfant est mineur...), je ne pense pas vraiment que l'avis de l'enfant soit réellement pris en compte...

Le système parfait n'existe pas, et n'existera sans doute jamais, parce que les choix qui sont pris en amont ne sont pas toujours (souvent?) pédagogiques, mais bien souvent politicommerciaux.

 

A bientôt pour la suite de cette discussion, qui, je l'espère, ne s'arrêtera pas là ^^

Commentaire n°2 posté par saunei le 29/03/2010 à 19h11
Rebonjour,

D'abord, les équivalences techniques:  les secondaires 3,4,5 représentent, je crois, votre 3e, 2e et 1ère.  Donc, entre 14 et 17 ans.  Ici, les enfants entrent au secondaire à 12 ans et on compte de 1 à 5, plutôt que de compter à rebours.  Après le secondaire, ils vont au Cégep (Collège d'Éducation Générale Et Professionelle).  L'Université vient après, mais un diplôme du Cégep est souvent suffisant pour obtenir un bon emploi.

Effectivement, convaincre les dirigeants du bien fondé de mon projet est assez utopique.   Pour le moment, au Québec, on pense plus à l'argent qu'à l'enfant.  Pas seulement pour leur orientation professionelle, mais surtout pour le budget actuel qu'on injecte dans nos écoles.  Un projet comme le mien coûterait bien trop cher pour qu'il soit simplement considéré.  Le simple fait de faire des classes de 15 élèves et on vient de doubler les professeurs.  Surtout que les directeurs d'écoles et les fonctionnaires corrompus se font constamment pointer du doigts dans les journées pour réclamer des dépenses scandaleuses et/ou des salaires faramineux aux commissions scolaires.   Autrement dit, les adultes se graissent la patte à même le budget des enfants. 

Tu as le bon mot quand tu parles de souplesse du système.  Il faudrait effectivement l'assouplir.  Une p'tite "shot" de Downy, peut-être!  :-D  (ok, je traduis:  une petite dose d'assouplissant textile pour la lessive).  Le système est beaucoup trop rigide.  Il oublie l'individu.  Il ne considère que la masse.  Allez!  Tout le monde dans le même moule, et tant pis si ça passe pas..  on écrase!

Oui, il y a des concepts de culture générale qui doivent rester dans le programme de base.  Il y a certains cours qui doivent rester commun et obligatoire à tous.  Mais l'école fait trop de choix pour nous.  Je suis d'accord que c'est dommage de sacrifier certains cours de Sinus et Cosinus.  (Euh.... d'accord est un bien grand mot, ici.  Je me souviens de l'emmerde totale que j'ai eu à apprendre ces idioties).  Mais, il est vrai que je n'aurais jamais cherché à savoir ce qu'était une racine carrée si on ne me l'avais pas montré.  Mais si on considère qu'à prime abord, nous avons sacrifié des cours d'horticulture ou de menuiserie pour ça, on se rend compte qu'on peut pas tout avoir.  Alors à qui de choisir?  À l'école?  Au gouvernement?  À l'enfant?  Ou aux parents?  

On ne pourra jamais calmer tous les conflits qui existent entre les deux derniers partis.  Bien sûr, il y aura toujours des parents qui voudront tout décider pour leurs enfants et des enfants qui essairont (et réussiront peut-être) à faire valoir leur opinion.  Mais déjà, si le gouvernement ne s'en mêle plus, je crois qu'on a gagné un point, là.  On aura déjà assoupli le système.

Pour sortir de l'Utopie, je dirais que ce type d'école pourrait exister en tant qu'école privée.  On sortirait, ainsi, de l'emprise du Système.  Avec un petit peu de chance, on pourrait les subventionner pour permettre à tous les niveaux de classes sociales d'en faire partie.  Ce serait ainsi les parents les plus ouverts d'esprit qui en feraient profiter leurs enfants.

À bientôt.

..MFrance    
Réponse de MFranceFa9 le 29/03/2010 à 23h38
Premier commentaire : ce texte est trop long pour qu'on puisse laisser des commentaires sur tout ! j'avais plein d'idées, mais il y a tellement d'informations après, que, si je veux vraiment tout dire, je suis obligé de faire une dissert pour te répondre. 

Alors, je me contenterai de reprendre certains points importants à mes yeux:

- le but d'une langue est de pouvoir être compris: entièrement d'accord. J'ai un ami qui est, je pense, entièrement d'accord avec toi sur le rapport à l'orthographe, mais, lui, c'est parce qu'il fait beaucoup (de moins en moins, soulignons-le) de fautes. 

Comme l'élève dans ton exemple, il fait des supers textes, avec une grosse recherche, et une très bonne construction et prévision scénaristique, mais il fait des fautes, ce qui, pour certains, est rédibitoire. Du coup je les lui corrige, comme ça, des gens qui n'auraient pas pris la peine de le lire en voyant ses fautes pourront découvrir ses idées. 



Bon, le système scolaire utopique...

Je suis d'accord avec ton premier point relatif au nombre d'enfant et tout et tout. 

Par contre, la personnalisation de l'enseignement ne veut pas forcément dire faire moins de français si t'es nul en français. Même si l'élève s'emmerde... C'est tout à fait vrai que les élèves qui ne comprennent rien ou qui ne veulent pas faire d'efforts pompent l'énergie d'un prof (c'est son boulot, un peu, à la base, de faire progresser les enfants en difficulté, plus que de faire des très bons élèves d'excellents élèves, je pense ^^) . La différentiation pédagogique, à mon sens, dans ce cas de figure, ça serait de donner autre chose de plus complexe à faire à tes bons élèves, pour qu'ils continuent d'avancer le temps que tu t'occupes des autres. Je sais de quoi je parle, j'enseigne dans une classe regroupant 4 tranches d'age... Et là, fatalement, les niveaux entre les enfants sont très disparates. 

Nous reparlerons pédagogie si tu le souhaites, mais je vais arrêter là pour le moment, sinon, je ne pourrai pas parler de la suite: l'orientation précoce, et le langage sms, ou tchat. 

Le truc, avec les exigences de l'école vis à vis de l'orthographe, c'est en effet une demande institutionnelle et sociale émanant, tu t'en doutes bien, des couches aisées de la société. Tu dis que celui qui n'est pas intéressé/bon/motivé/et-tout-cequ'onveut en français, on peut l'orienter "précocément" vers des filières plus manuelles, puisque c'est sans doute dans ce genre de branche qu'il va travailler plus tard. En gros, que ton garagiste, ou ton plombier, fasse une faute d'ortographe, ça ne te dérange pas plus que ça, son boulot ce n'est pas d'écrire... je résume et je caricature un poil... Son boulot, c'est d'être manuel, donc, à la limite, qu'il soit illettré, ou inculte ne pose pas trop de souci. (je te l'avais dit, je caricature. c'est pour pousser un peu les choses jusqu'au bout de leur logique). A choisir, je me trouve plus proche d'un Etat qui demande à tous un minimum de maitrise de la langue, car, à la base, cette exigence servait à rendre les gens realtivement égaux et "cultivés", et, justement, à lutter un peu contre ce déterminisme... Je me sens donc plus proche de cette vision de l'éducation que d'un système "utopique" comme celui que tes exemples suggèrent (je n'ai pas dit que c'était ce que tu préconnisais), qui consisterait à dire que les "manuels" n'ont pas besoin d'être instruits, qu'il suffit de leur montrer comment tenir un tourne vis, et qu'on n'en parle plus... Et concentrons nous plutot sur notre élite socio-culturelle de demain..."

Ce n'est pas parce qu'un enfant s'emmerde en classe qu'il n'est pas intéressé par la matière... C'est peut être (souvent?) l'enseignant qui ne sait pas l'intéresser. (à relativiser, à l'adolescence, c'est pas simple d'intéresser un enfant à quoi que ce soit.^^) 



Le langage sms/tchat.

Les ados s'inventent leur langue et tout et tout... Mouais.

En gros, ils se comprennent entre potes. Comme tu l'as dit plus tôt, le but de langue c'est de commmuniquer. Dans l'idéal, c'est de communiquer avec un maximum de personnes. Détrompe-toi, les dirigeants de demain ne seront pas les jeunes au langage sms, mais les fils des dirigeants actuels, qui écrivent correctement, et qui maintiendront leur niveau d'exigence sur la maîtrise de la langue parce que "eux, ils y sont arrivés, donc, tout le monde peut/doit y arriver". 

Prenons un exmple concret...

Ton langage sms, à la base, quoi que tu en dises, plutôt anarchique, dans le sens ou chacun fait ce qu'il veut, n'est compréhensible que par les groupes sociaux-culturels en possession des codes permettant de les comprendre, comme pour toute forme de langage. Un espagnol, un anglais, ou autre, n'arrivera sans doute pas à le comprendre, puisque cette façon de coder est essentiellement basée sur la phonétique. Prenons un codage phonétique de Paris et un de Marseille, ou celui de Paris et celui du Quebec... Tu devrais vite sentir quelques différences, non? Comment un étranger pourrait il le comprendre? Si chacun écrit suivant la façon qu'il a de prononcer la langue, tu te contentes de communiquer avec ceux qui ont tes codes... Tu te replies sur toi même au lieu de t'ouvrir aux autres. Un poil dommage, à mon sens. 



J'aimerais revenir sur l'exemple du garagiste ou du plombier qui fait des fautes...

Peut être que ça ne le dérange pas plus que ça. J'en connais plein pour qui c'est le cas. Ils vivent très bien le fait de faire des fautes, et, disons les choses comme elles sont, ils s'en foutent s'ils en font. Mais il y a aussi des gens qui souffrent d'en faire, comme dans ton exemple de l'élève qui avait un très bon texte bourré de fautes. En orientant "précocément" ce genre d'enfants vers une filière dans laquelle ils ont des aptitudes plus affirmées, tu leur interdit l'accès au savoir orthographique. Je trouve ça dommage. 

Bref. J'espère que tu ne t'es pas sentie aggressée par mon commentaire, ce n'était pas du tout le but de la manoeuvre. A plus

J'espère que ce coup-ci, il n'y a plus de fautes ^^

++

Commentaire n°3 posté par saunei le 28/03/2010 à 14h43
Bonjour et merci de répondre à mon texte.  J'aime ça quand les gens confrontent leur opinion aux miennes.  Ça nous permet d'avancer dans la vie.

Je ne parlais pas de "réorienter précocement" quelqu'un qui est faible en français "vers des filières plus manuelles" (pour réutiliser tes mots).  Bien au contraire!  Quelqu'un qui est faible en français ne sera pas nécessairement meilleur en travaux manuels.  Je parlais plutôt d'explorer et de développer les talents naturels de l'enfant de façon plus précoce.  

Vois-tu! Moi, je pense qu'il existe plusieurs types d'intelligence:  l'intelligence artistique, l'intelligence musicale, la cognitive, la logique et la manuelle.  Pour ne nommer que ceux-là.  On pourrait aussi parler d'intelligence émotive et sociale, et avec un peu d'imagination, on pourrait en trouver beaucoup d'autres.

Moi, je verrais l'école primaire comme une sorte d'univers exploratoire de tout ça.  Il est très rare qu'un enfant arrive à l'école et puisse dire: "Moi, je voudrais faire des arts plastiques" ou bien "Moi, j'ai du talent en musique".  Il doit tout explorer pour trouver ce en quoi il est bon et ce qui le passionne.

 

Moi, je dis que l'exploration devrait commencer là! Dès le primaire. Très tôt, l'étudiant peut commencer à rechercher ce qu'il aime et... choisir! Ça permettrait aussi aux professeurs et aux parents d'apprendre à connaître leurs enfants plus tôt. Il faudrait arrêter aussi d'exiger des enfants qu'ils soient bon en tout. Une bonne note en science, une mauvaise note en français, on passe en science de fort et en français de faible, on ne redouble pas. Du coup, on sépare les classes en deux (des groupes de 15 au lieu de 30) et on donne un enseignement de meilleure qualité.

 

Au secondaire, l'étudiant saurait déjà ce qu'il aime. Il serait à même de faire des choix plus éclairés selon sa personnalité et ses talents. L'école, de son côté, lui laisserait une plus grande marge de manœuvre pour choisir des cours qui lui conviennent et à son niveau. Je ne veux pas dire de couper les cours importants, mais qu'ils soient adaptés à leurs intérêts.

 

Vous souvenez-vous de votre matière la plus faible à l'école? Vous souvenez-vous des concepts que vous y avez appris en secondaire 3, 4 et 5? Est-ce que ces concepts vous ont déjà servi dans la vie? Personnellement, j'étais très poche en Maths. Eh bien, mis à part la sinusite que j'ai attrapée la semaine passée, je n'ai rien retenu des Sinus et des Cosinus et ma vie s'en est toujours très bien portée. Vous avez dit « racine carrée »? Dans mon jardin, les racines sont rondes ou longues. Je n'en ai jamais vues de carrées.

 

Dans la vie de tous les jours, mes mathématiques m'ont servi à calculer mon budget, mon salaire et la superficie de mon salon quand je veux changer le tapis, etc. Je sais additionner, soustraire, multiplier et diviser, et tout ça, sans calculatrice. Ça me suffit amplement.

 

En tant que prof de français de secondaire 3, je me suis parfois questionner sur la pertinence d'apprendre aux jeunes la théorie sur le texte explicatif, narratif et descriptif ou les concepts de reprise de l'information, quand ils ne comprennent toujours pas comment accorder leurs participes passés et qu'ils sont tout mélangés dans leurs homophones.

 

Là oû je veux en venir, c'est que ce que nous apprenons dans les matières principales à partir du secondaire 3 devient déjà beaucoup trop spécialisé pour la vie de tous les jours. Avant de s'aventurer dans ce type de concepts, on devrait permettre à l'élève de faire des choix.

 

En secondaire 3, si le français, c'est pas ton fort, tu devrais pouvoir prendre un cours de grammaire adapté (sans couler ton année) dans un programme adapté à tes talents.

 

Ce que je déplore dans le système éducatif actuel, c'est qu'il traite tous les enfants dans un moule unique jusqu'à l'âge de 16 ans et on s'adapte à eux seulement lorsqu'ils arrivent au Cégep. Alors qu'ils ne sont pas tous pareils. Ils n'ont pas tous les mêmes talents ni les mêmes passions. Présentement, on leur demande d'explorer et d'apprendre à se connaître seulement en secondaire 4 et 5 (alors qu'ils sont tout mélangés dans leur tête) et on leur demande de vite vite choisir un plan de carrière pour l'année prochaine. Ils n'ont à peine rien vu.

 

Voilà pour mon système éducatif adapté (et non dirigé).

 

L'autre sujet que je voulais rectifié, c'est à propos des échelles de valeurs sociales.

 

Tu as écrit: « \...\ un minimum de maitrise de la langue \... sert\ à rendre les gens relativement égaux et "cultivés" \...\ un système "utopique" comme celui que tes exemples suggèrent \...\ consisterait à dire que les "manuels" n'ont pas besoin d'être instruits, qu'il suffit de leur montrer comment tenir un tournevis, et qu'on n'en parle plus... Et concentrons nous plutôt sur notre élite socio-culturelle de demain..."

 

Je ne suis pas d'accord. Je pense, au contraire, que les manuels ont besoin d'être instruits plus tôt dans leur propre branche. Le problème, c'est qu'on les perd parce qu'on essaie de les faire rentrer dans un moule qui ne leur va pas. On les fait se sentir poche. Et on envoie le message à tous nos enfants que si t'es pas bon en français ou en maths, tu n'iras pas loin dans la vie. Et voilà comment nos préjugés se perpétuent.

 

Quand j'ai jasé avec mon fameux garagiste, jamais je n'ai pensé qu'il était moins cultivé ou inférieur à moi. Au contraire, je l'admirais parce qu'il était capable de faire quelque chose dont, moi, j'étais incapable. On ne devrait jamais mépriser quelqu'un dont on a besoin, et oû irions-nous, je te le demande, si personne sur terre ne pouvait faire de changement d'huile. Pas très loin.

 

Bref, je pense qu'il faut surtout changer nos préjugés et inclure des cours de fabrication de cabanes d'oiseaux et de démontage de « toasters » dans nos programmes scolaires. Et pourquoi pas, des cours de jardinage. Les enfants pourraient apprendre la vraie forme d'une vraie racine! ;-)

 

Merci de ton opinion. Ça m'a permit de développer la mienne. Et peut-être que mes nouvelles idées soulèvera un nouveau débat en toi ou en quelqu'un d'autre. Je pense qu'il est important que les gens confrontent leurs opinions (en douceur et dans le respect). Ça permet de faire avancer les choses.

 

MFrance

 

 

 

Réponse de MFranceFa9 le 29/03/2010 à 02h36

C'est moi! Ich bin's!

  • Petite Marie de par le vaste Monde
  • : Les voyages et les réflexions d'une Québécoise un peu flyée.
  • Contact

Bonjour.

Je m'appelle Marie-France.   Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages.  J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une façon assez spéciale d'explorer le monde.  

Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle.  Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.  J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres.  Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois.  Je risque d'avoir des choses à dire.  ;-)

 Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance

Grüssgott.

Ich heisse Marie-France.  Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada.  Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen.  Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist.    ;-)

 

Ich wünsche Sie einen guten Besuch.

Bis bald.

..MFrance

Hola.

Soy Marie-France de Canada.  Soy profesora de Idioma y me gusta viajar.  Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais.  Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.

 

Buen visita.

..MFrance

Traduction - Übersetzung

deutsch Italiano español English العربية

Communautés - Gemeinschaften

Recommander - Empfehlen

OverBlog

Commentaires - Kommentare

faire l'école buissonnière..

C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap..  juste pour voir où la vie nous mène.

 

   ... bonne école buissonnière à tous!

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés