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En transit entre deux voyages..
Zamora, 9, 10 et 11 novembre
En quittant Ourensee, je me suis heurtée à une dure réalité.. celle des stations, des autobus, des trains, des attentes interminables et des horaires pas toujours flexibles.
J'arrive vers les 11h30am à la station d'autobus d'Ourensee, croyant naïvement, très très naïvement qu'il y aura des autobus à volonté et à toutes les demi-heures. On me dit que le seul autobus de la journée pour ma prochaine destination (Zaroma) part en début de soirée et arrive à 11h00 du soir. Mon contact CS (CS = CouchSurfing) m'a justement dit qu'il se couche vers 10h00. Pas bon. Mon deuxième choix (Ponteferrada) est un village sur le Camino Francès, où je suis certaine de trouver des auberges. Mais l'autobus est parti tôt ce matin, il n'y en a pas d'autres de toute la journée.
"D'la marde!" que je me dis en reprenant mon sac à dos et je marche jusqu'à la station de train.
Là, je suis un peu plus chanceuse. Un train part en direction de Zaroma vers 16h00 et arrive vers 19h00. Ça a plus de bon sens. Un café Internet à proximité me permet de tuer quelques heures. Je reviens à la station termine mon Jules Verne. J'attends, j'attends, j'attends. Je monte dans le train et j'attends encore.
Le train, c'est interminable, on en finit plus d'attendre, surtout quand on a plus rien à lire.
En comparaison, le Camino..
Le Chemin de Compostelle, c'est un chemin qui va très très vite. On a beau marcher à seulement 4-5 kilomètres à l'heure, le flot d'émotions nous emporte et tous les événements prennent une vitesse vertigineuse et bien avant qu'on puisse s'en rendre compte, on arrive à Compostelle et on a beau essayer de mettre les freins, quand on arrive à Finisterre, on rentre carrément dans' bande! C'est ce qui m'est arrivée. Je suis revenue sonnée, étourdie et hébétée de tout ce voyage et ça m'a bien pris presqu'une semaine complète pour m'en remettre, mais, croyez-moi, si tout ça était à refaire, je recommencerais sans hésiter. Avec du recul, je peux vous dire que le Camino de Santiago a été une des aventures les plus intenses et les plus belles de ma vie.
Quand on marche sur le chemin, on ne regarde pas le paysage, on en fait partie.
Tous nos sens sont solicités. La mer, on ne fait pas que la voir, on l'entend, on la sent et si on marche assez près, on peut même marcher dedans. Dans la forêt, on entend les oiseaux, on marche sur les pierres et les cailloux, on touche les écorces des arbres. Sur le bord des routes, on marche dans la menthe sauvage et ça sent. S'il a plu, toutes les odeurs entrent en même temps par nos narines. Dans les villes, on entend des conversations. On voit tout quand on marche, on entend tout, on sent tout, on peut toucher et on mange les fruits que l'on trouve.
Tous nos sens sont solicités et, moi, j'en compte beaucoup plus que cinq. Les idées, les sensations, les émotions sont toutes emplifiées, ainsi que tous les autres sens.
Dans le train, impossible de voir plus de 80cm de paysage à la fois. C'est la largeur de la fenêtre. Les gens sont impassibles, immobiles et silencieux. Eux aussi, ils attendent. Les odeurs sont celles du sandwich du gars d'en arrière ou des p'tits pieds du gars d'en avant ( tiens, ça me rappelle les auberges de pèlerins! lol. ) On entend des fond de walk-man trop fort ou des cellulaires qui sonnent. Inutile de vous dire que j'ai été déçue de mon voyage. 3h00 de train et toute la journée à attendre.
Mon hôte CS n'étant pas disponible avant trop tard, j'ai décidé d'aller dormir à l'auberge et de remettre notre rendez-vous au lendemain.
Les accros du Camino..
À l'auberge, "l'hospitalera" est française et me pose toutes sortes de questions. J'essaie de lui expliquer que j'ai terminé mon chemin, mais elle semble avoir de la difficulté avec le fait que je ne suis plus une vraie pèlerine. Ayant peur qu'elle me refuse le gîte, je finis par lui dire que ça me trotte dans la tête de faire le trajet "Zaroma-Salamanca" à pied juste pour me faire plaisir. Ce qui est vrai, mais dans ma tête, ce ne sont que des fantasmes.
Elle, elle prend ça pour du "cash"!
Elle commence, alors, à me parler d'un homme qu'elle a connu lors d'un de ses pèlerinages qui marchait depuis plus de 2 ans. Apparamment, il était devenu accro au camino et ne pouvait plus s'arrêter de marcher. Je la regardai incrédule. Elle continua en disant que cet homme était, alors, en cure de désintoxication.. il marchait pendant un mois et se forcait à retourner chez lui une semaine, ainsi de suite. Elle me disait qu'elle avait trouvé cet homme assez inquiétant. À observer cette femme et à l'écouter, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'elle était elle-même très inquiétante. Les gestes lents et l'esprit ailleurs, ça a pris 15 minutes pour faire mon inscription et j'ai dû l'arrêter quand elle a voulu "puncher" mon crédential pour la deuxième fois juste à côté de son propre sceau.
Mais, je me suis mise à réfléchir à cette histoire de dépendance au Camino. J'ai rencontré beaucoup de pèlerins sur le chemin qui en était à leur deuxième, troisième, parfois quatrième pèlerinage. Beaucoup d'entre eux reviennent d'années en années se choisir un nouveau trajet pour retourner à Compostelle.
Était-il possible qu'on devienne dépendant des pèlerinages?
En fait, ce n'est pas si fou que ça. Il n'y a pas que les substances chimiques externes (l'alcool, les drogues, etc.) qui nous font développer des dépendances, mais aussi tout ce qui nous procure un plaisir ou une émotion intense. Il existe bien des dépendants au jeu, à l'argent, au magasinage, pourquoi pas les accros du camino?!
Ça porte à réfléchir!
Ça expliquerait aussi pourquoi je suis "en manque" depuis une semaine! lol.
Une p'tite "puff" d'air pur..
Pour terminer, mon "hospitalera" qui, je le remarque, est de plus en plus bizarre, me présente aux autres comme étant une pèlerine qui se remet à marcher dès le lendemain en direction de Salamanca (à sens inverse). Quand je vous disais qu'elle avait pris ça pour du "cash".
Je suis encore hébêtée et je n'ai pas la force de me défendre, alors je laisse dire. Je ferai bien ce que je veux, demain matin. De toute façon, je m'en vais à l'envers de toute le monde.
Mais, elle ne s'arrête pas là. Le soir même, elle m'offre un guide (qu'un ancien pèlerin a laissé) pour m'aider dans mon voyage. Le pèlerin a arraché toutes les pages de Zaroma à Compostelle et il n'a laissé que le début du pélerinage, donc, la partie que, moi, j'ai besoin pour marcher à l'envers.
Pour une fille comme moi, qui prend en considération tous les signes de la vie, je ne peux que rester perplexe. Est-ce que ce ne serait pas là, un signe que la vie m'envoit pour me remettre à marcher. La femme a peut-être bien l'air folle et crinquée, mais quand même, elle commence à me mettre des idées dans la tête. Me remettre à marcher en sens inverse, en allant vers le sud, pourquoi pas? De toute façon, j'avais l'intention de faire des p'tits bouts à la marche et ça coûte moins cher que l'autobus.
Alors je me décide.. dès le lendemain, je reprends mon bâton, mes bottes et mes guénilles et je m'en vais prendre une bonne grande "puff" d'air frais et une marche de... 30km. C'est de la maudite bonne drogue et ça coûte pas cher, à part de ça! lol.
"Bad trip"
Le guide (un gros livre avec des cartes très peu précises et des explications en espagnol) s'est avéré une nuisance plutôt qu'une aide. Et si le Camino del Norte et le chemin de Finisterre étaient assez bien balisés à l'envers, celui-ci... pas du tout! Aucune flèche pour ceux et celles qui vont à rebrousse-poil.
J'ai commencé à tourner en
rond avant même de sortir de la ville. Ensuite j'ai fait des zig zag en perdant constamment le chemin, revenant sur mes pas, le rattrapant plus tard, le cherchant mais ne le trouvant pas. J'ai
fini par me dire que ce chemin n'était peut-être pas le mien après avoir parcouru environ 10km du trajet, mais fait (à mon avis) environ 18km à pied. Autrement dit, j'estime avoir fait environ
8km de détour pour rien.
Quand un chemin ne veut pas me laisser passer, c'est qu'il n'est pas fait pour moi. C'est ma philosophie. Et quand une porte est fermée quelque part, c'est qu'ailleurs, il y a une fenêtre, un trou, une ouverture quelconque qui est fait pour moi et je la trouverai.
Alors, j'arrête de me battre contre un chemin qui ne veut pas de moi et je fais demi-tour. Je reviens à Zamora en 2 heures (en suivant les flèches dans la bonne direction.. facile! et voit toutes mes erreurs).
Quand j'arrive à Zaroma, il est 16h00. Je contacte enfin mon hôte CS (puisque la folle de l'auberge ne veut plus m'héberger) où je dors deux nuits.
Je suis maintenant complètement désintoxiquée du chemin. Je me suis fait à l'idée que la nouvelle partie de mon voyage se fait en autobus et en train et voilà, me revoilà partie sur les grands chemins.
Je m'appelle Marie-France. Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages. J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une
façon assez spéciale d'explorer le monde.
Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle. Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.
J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres. Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois. Je risque d'avoir des choses à dire. ;-)
Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance
Ich heisse Marie-France. Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada. Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen. Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist. ;-)
Ich wünsche Sie einen guten Besuch.
Bis bald.
..MFrance
Soy Marie-France de Canada. Soy profesora de Idioma y me gusta viajar. Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais. Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.
Buen visita.
..MFrance
C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap.. juste pour voir où la vie nous mène.
... bonne école buissonnière à tous!
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