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13 oct: de Cadavedo à Piñera, 32km + détour de 4km = 36km
Le lendemain, Romain part en même temps que les deux Espagnoles. Tant mieux! Ça lui fera de la compagnie. Moi, je prends mon temps pour partir.
Aujourd'hui, deux auberges au choix: À 15km, Almuña et à 32km, Piñera. Romain doit faire de grandes étapes s'il veut arriver à Compostelle à temps pour prendre son avion. Mia a elle aussi des contraintes de temps, mais elle décide quand même pour Almuña. Elle se dit trop vieille pour faire 32km par jour. Baliverne!
Pour ma part, je n'ai aucune contrainte de temps et j'aime bien faire des petites étapes. Je suis contente que Mia décide d'aller à Almuña, ça me fera une copine là-bas. Je suis résignée à perdre de vue Romain, même si je dois l'avouer.. ça me fait un peu quelque chose.
L'avant-midi est belle et les sentiers m'amènent par les bois et forêts. En passant par un village, je vois un banc et quelque chose en moi me dit de faire une petite pause. Je m'assois et enlève mes bottes, je savoure la détente et le soleil. Puis, tout à coup, je n'en crois pas mes yeux.. je vois s'approcher, en formation serré, toute une parade de pèlerins qui passent devant moi, me saluant chacun leur tour. Il y a d'abord Mia qui me demande si j'ai volé pour être là avant tout le monde. Puis les deux pétasses espagnoles, suivies de près par Romain, et enfin, l'Allemande avec une voix de porte qui grince.
Tout ce joli petit monde passe gentiment devant moi et, moi, je reste là, les bottes défaites. J'aurais voulu les rattrapper, les retenir, mais bon, je dois d'abord rattacher mes bottes.
Un vieux monsieur s'approche de moi et viens me faire la conversation. Il me demande si j'ai mal à l'avant du tibia. Il me dit que j'ai comme un point rouge et il me montre sa propre jambe pour me montrer l'endroit. Je lui dis que non, je n'ai pas mal, bien que je me souviens avoir déjà ressenti une douleur à cet endroit dans mes premières randonnées. Je regarde mes jambes et je ne vois rien d'extraordinaire. Je ne comprends d'ailleurs pas comment il a pu voir un point rouge puisque je porte des bas.
Il me demande où je veux aller. Je réponds "Almuña". Il m'indique la route et m'explique bien qu'à la prochaine intersection, je dois quitter les flèches jaunes et tourner à gauche plutôt qu'à droite, sinon je continue jusqu'à Luarca et le chemin me mène vers Piñera.
Je réponds "oui, oui", mais j'ai hâte d'y aller pour peut-être pouvoir rattrapper mes amis. À la dite intersection, je n'en fais qu'à ma tête et suis les flèches (et mes amis, par la même occasion). Le groupe s'est dispersé. Mia et Romain ont pris de l'avance. Je n'arrive qu'à rattrapper les deux pétasses espagnoles qui me tapent sur les nerfs. Quand même, je suis contente de voir que Romain les a semées. hihi!
En arrivant à Luarca, je me rappelle que je voulais aller à Almuña et je demande à nouveau mon chemin. On me renvoit 2km en arrière.. évidemment! J'abdique et je retourne sur mes pas. J'espère que Mia a pris, elle aussi, le chemin d'Almuña et qu'elle y sera tranquillement en train de m'attendre.
Quand j'arrive à Almuña, la porte est ouverte, mais l'auberge est vide. J'entre. Je prends le temps de visiter, d'allumer les lumières, d'ouvrir une fenêtre. J'essaie de mettre un peu de vie dans ce lieu désert. Je prends une pause et je dois bien admettre... avec humilité... que je me sens bien seule, ici!
Où sont mes ami(e)s?
Et voyez-vous ça, la grosse "tough" qui joue les indépendantes! La voilà maintenant qui se désole devant une auberge vide et triste. Elle avait pourtant du potentiel cette petite auberge d'Almuña. Un coin cuisinette et un coin lecture avec des divans. Tout pour être agréable, relaxant et... convivial! Mais il est encore seulement 12h30 et passer toute l'après-midi toute seule, sans Internet et loin de tout et tout le monde. Je regarde les possibilités d'hébergement d'ici à Piñera. Il y a un terrain de camping qui propose quelque chose entre les deux. Ça pourrait être une solution puisque j'ai encore peur de la limite des 30km. Mais ça me donnerait quand même la chance de rattrapper mes amis le lendemain.
Alors, je refais les 2 km et quelques vers Luarca. J'ai toujours espoir de revoir Mia m'attendant à une terrasse, mais je dois voir les choses en face, j'ai pris plus d'une heure de retard.
La journée est belle. J'ai plein d'énergie. Je fais
une belle grande pause-repas dans un endroit tranquille et agréable. Je me relaxe et profite de la route et des paysages.
Au fur et à mesure que la journée s'avance, je commence à ressentir une douleur musculaire dans mon tibia gauche. Oui, je sais, je sais.. le tibia est un os, mais le mien se prend pour un muscle. Que voulez-vous? Je connais bien cette douleur, je l'ai déjà ressentie dans d'autres randonnées.
Je finis par trouver une nouvelle utilité à mon bâton de pèlerine. D'habitude, il m'aide à me hisser ou à me freiner dans les pentes, il me donne appui dans les terrain glissant ou quand la marche est haute. Ce soir, il me sert de cane pour m'empêcher de boiter.
N'empêche que j'ai "full" énergie et quand je passe devant le village où le supposé terrain de camping serait, je décide de passer mon chemin et de me rendre à Piñera. Au Yâb la douleur!
Avant d'arriver, je repense au vieil homme de ce matin qui avait vu un point rouge sur le devant de ma jambe.. exactement là où j'ai maintenant mal. Vieux "schnock" que je me dis en souriant.. aurait-il vu mon aura?
Peu importe, j'arrive à Piñera avec encore assez d'énergie pour faire 10 autres km, si nécessaire. Mais je suis arrivée à mon repos et à ma douche pour ce soir. En chemin vers l'auberge, je croise Romain qui revient vers le village pour aller y manger. On jase un peu tranquillement. Je suis bien contente de le revoir et, si ce n'était que le léger détail que je pue et que j'ai besoin d'une douche, j'aurais bien aimé aller manger avec lui.
Bah! Peu importe, on se reverra plus tard.
J'arrive à l'auberge et "spotte" un lit qui me plaît.
J'avance un peu dans la chambre, jase avec Mia et explore les environs. C'est définitivement ce lit qui me plaît le plus, d'ailleurs il est juste à côté de la fenêtre. Le lit du bas
est déjà utilisé, je lance mon "sleeping bag" sur le lit du haut.
Mia s'approche de moi, l'air plus que suspicieuse.. "Tu sais que c'est Romain qui est installé en bas." me dit-elle d'un ton accusateur. Je vous JURE que je n'y avais même pas pensé! Il avait mis la couverture de l'auberge par-dessus son propre sac de couchage et je n'avais pas reconnu ses affaires. Mia retourne à sa place et je me dis que j'aurais dû lui dire la vérité hier plutôt qu'elle ne me soupçonne aujourd'hui. Bon. Tant pis! J'y suis, j'y reste.
Je vais à l'épicerie et reviens me faire un sandwich avec Mia à l'auberge.
14oct: de Piñera à Tapia, 30km
Cette fois, c'est moi qui pars de bonne heure, avant que le soleil ne se lève. Je regarde Romain. Il lui reste encore des choses éparpillées sur le lit. Il n'est pas tout à fait prêt. Moi, je le suis. Bye! Je ferme la porte derrière moi et je m'engouffre dans le matin encore noir.
Je fais une centaine de pas, puis je me rend compte que j'ai oublié quelque chose. Il manque quelque chose dans ma main droite.
Ah non! Pas mon bâton de pèlerine! J'en ai déjà oublié un, une fois et ça m'avait fait vraiment de la peine. Celui-là m'est apparu comme par magie le surlendemain, un cadeau inespéré. Il avait encore toute son écorce. J'ai pris le temps de bien l'éplucher avec soin, en faisant attention de garder des partie de l'écorce pour qu'on puisse me dire de quel bois il était fait. C'était du noisettier à ce qu'il parait. Un bois mou qui se sculptait facilement. J'avais gravé une jolie spirale sans fin tout en haut et j'avais encore bien d'autres projets pour lui, dont certains trop compliqué à faire sur le chemin.
Un bâton n'est pas seulement pratique. À partir du moment où on a commencé à le sculpter et à le graver, on s'y attache un peu. Il devient plus qu'un outil, mais plutôt comme une extension de la main droite.
Je retourne illico sur mes pas pour rechercher mon bâton, mais à peine retournée, je vois une silhouette s'avancer dans la nuit noire. Une silhouette avec ... deux bâtons!
Je connais bien ces bâtons... et la silhouette. J'applaudis tellement je suis contente. Non seulement j'ai retrouvé mon bâton, mais j'ai aussi retrouvé mon compagnon de voyage.
"Salut Romain! Merci pour mon bâton!"
Et on fait un bout de route ensemble...
Je m'appelle Marie-France. Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages. J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une
façon assez spéciale d'explorer le monde.
Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle. Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.
J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres. Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois. Je risque d'avoir des choses à dire. ;-)
Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance
Ich heisse Marie-France. Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada. Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen. Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist. ;-)
Ich wünsche Sie einen guten Besuch.
Bis bald.
..MFrance
Soy Marie-France de Canada. Soy profesora de Idioma y me gusta viajar. Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais. Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.
Buen visita.
..MFrance
C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap.. juste pour voir où la vie nous mène.
... bonne école buissonnière à tous!
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