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9 oct: de Gijon à Avilès, 25km
Le lendemain, un peu de pluie en quittant le terrain. Ensuite, le soleil revient, mais au sortir de Gijon, c'est tout le secteur indusriel qui nous tient lieu de paysage. Comble de malheur, on entre dans Avilès par son secteur industriel. On n'aura eu que deux heures d'air pur et de joli paysage dans toute notre journée. Mais je suis contente de marcher avec Romain. J'ai un bon compagnon de voyage et ça agrémente beaucoup cette journée un peu grise.
Avilès est la ville la plus laide que j'ai jamais vue. Laide comme son nom. Le dortoir est un dur rappel à la réalité de pèlerins.. un des pires que j'ai vu jusqu'à date.. laid, sale et bondé de monde. (Il y en a de très beau et très propre, je tiens à le mentionner). Alors que je me dirige vers la salle de bain, j'entends une voix féminine dire mon nom. J'arrête net, fret, sec. Est-ce que j'ai rêvé? Je ne connais personne ici. Je reviens légèrement sur mes pas et me penche pour voir entre les couchettes. Et soudainement, je la vois!
C'est l'exclamation, les bisous, les grandes retrouvailles!
"Mia!"
Que je suis donc contente de la voir!
Puis aussitôt, derrière moi sur ma droite, je ressens un sentiment bien familier. Comme un tison de feu. Je le connais très très bien pour avoir été en couple si longtemps avec un dépendant affectif.. le tison de la jalousie et de l'insécurité affective. Je n'ai même pas besoin de me retourner pour savoir que c'est Romain qui est là. Il tourne en rond, fait semblant de vouloir parler avec Werner qui est tout près. Il est paniqué. Il croit qu'il va me perdre. Il se demande qui est cette femme qui volera désormais mon attention. Je déteste ce sentiment. Qui veut me garder pour lui tout seul me perd automatiquement. Je ne suis pas celle qu'on attache. J'essaie de continuer la conversation avec Mia comme si rien n'était, mais elle aussi a senti quelque chose. Ça gâche un peu nos retrouvailles, mais on est tout de même contentes de se revoir.
10 oct: de Avilès à San Esteban de la Pravia, 22km
Les émotions se sont calmées un peu et je pars au petit matin en compagnie de Romain, ainsi que de Michael et Werner (les deux Allemands). Tout le monde me tape sur les nerfs. Je ne tarde pas à le laisser savoir par mon attitude. Je désire marcher toute seule. Romain s'en rend compte et marche devant. De toute façon, son rythme naturel est plus rapide que le mien. Je prends une pause pour dîner toute seule avec moi-même. Ahhh! Quel repos! Enfin!
Je continue ma route.. seule.
.. En quête d'humilité!
Le livre que je transporte avec moi sur le Chemin s'appelle Mémoires de Demain, de Collette Baron-Reid, aux éditions Ada.
C'est un livre qui propose des exercices pour renouer avec son intuition. Il aborde certains thèmes. J'ai trouvé les deux premiers faciles, entre autre la Vénération (envers la Nature et l'Univers) que je pratique naturellement et régulièrement depuis des années. À date, j'étais un peu déçue de ne pas avoir à travailler plus fort sur moi pour améliorer mon intuition.
Le thème suivant avait l'air facile aussi: l'Humilité! Bon, je me considère comme une fille quand même assez humble, du fait que je ne me prenne pas habituellement pour une autre. Je suis assez simple et pas du tout prétentieuse.
Mais voici ce que dit Colette sur l'Humilité:
"L'humilité admet le besoin que nous avons de la communauté
et nous démontre notre interrelation avec autrui,
notre interdépendance et notre union avec Tout-ce-qui-est."
- Colette Baron-Reid, Mémoires de demain
Cette phrase m'a fait l'effet d'une claque sur la gueule. Je suis assez consciente que tout ce voyage est sous le thème des relations sociales. Je ne suis plus jamais seule depuis que j'ai entamé ce voyage... toute seule. Et il y a une raison à cela. Les relations sociales sont quelque chose que j'ai apprises sur le tard (j'ai toujours été une grande solitaire) et j'ai manifestement quelque chose à approfondir sur le sujet.
D'abord, mon groupe de jeunes (Jana, Michael et Ferrane), où je jouais un peu le rôle de grande soeur. Un petit cercle tricoté serré, où la seule chose que nous faisions sans les autres, c'était d'aller pisser (et encore.. on s'attendait). On était complètement inter-dépendants les uns des autres. Même que je me sentais paniquée moi-même quand je m'imaginais privée de mon groupe, comme je le ressentais quand j'étais jeune. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie ainsi. J'y ai appris, entre autre, qu'un groupe se déplace toujours à la vitesse du plus lent. Ça va pas vite.
Ensuite, j'ai connu l'amie qui dirige et qui prend le contrôle: Katrin. Je l'ai vite délaissée pour reprendre le contrôle de mon Chemin. J'ai bien fait.
Et puis le groupe de copine: Regina, Marianna et Mia. Chacune dépendante l'une de l'autre, chacune se déplaçant individuellement et à son propre rythme. Mais le désir de se retrouver à la même auberge soir après soir était manifeste et régissait un peu nos décisions.
Et maintenant, Romain, définitivement mâle. Sans être dépendant affectif, il en présente parfois quelques comportements qui me rappellent des souvenirs et me ramènent en arrière, comme pour me dire que tout n'est pas vaincu, tout n'est pas encore guéri.
Et voià ce que dit Colette au sujet du Pardon:
"Le cycle des souffrances répétitives ne guérit que grâce au Pardon [...]
Quand nous négligeons de pardonner, les mêmes blessures trouvent de nouveaux
moyens de se manifester dans notre vie, de façon répétitive [...] "
- Colette Baron-Reid, Mémoires de demain
Ouille! Ça, ça fait mal! Serait-il possible que la guérison m'appartienne plus que je ne le pense?
Et moi, qui rejette systématiquement tout ceux qui veulent m'attacher ou s'aglutiner à moi. Moi, qui vénère mon indépendance comme si c'était une épée et quelle pouvait me défendre contre toutes ces attaques à ma liberté.
Je sais que j'ai du travail à faire pour améliorer mes relations sociales. Non que je ne sois pas sociable et que je ne me fasse pas d'amis. Au contraire! Mais, je sais que je dois apprendre à leur faire une petite place dans ma vie.. au moins, les laisser entrer! Et apprendre à faire quelques compromis.. sans remettre en cause mon propre Chemin, je dois apprendre à partager le sentier et les pauses.
.. et le chemin continue..
Plus loin, je rencontre Mia sur le sentier qui est surprise de me retrouver seule. Je lui dis que Romain est un homme intelligent et qu'il a su me laisser seule quand il le fallait. ;-)
Quand je fais mine de l'attendre, Mia me dit toujours: "Geh nur!" ("Vas-y!"). Puis elle me dit qu'elle marche moins vite et qu'elle aime marcher à son propre rythme. Je la comprends parfaitement et je continue mon chemin devant, même si elle marche à la même vitesse que moi. Elle est un monstre d'indépendance (tout comme moi), et c'est pour ça qu'elle est ma préférée. Elle aime marcher seule et faire son chemin et elle a tout mon respect.
Vers la fin de l'après-midi, on se rejoint tous dans une pause, Romain, Mia et moi. Les Allemands sont retournés en Allemagne.
On reprend chacun son chemin, mais Romain et moi arrivons ensemble à l'Auberge de Jeunesse. Le proprio nous prend pour un couple et nous offre une chambre pour deux au même prix qu'une chambre en dortoir. Je refuse gentiment et insiste pour dormir en dortoir comme un bonne pèlerine. Je sens Romain qui boude en arrière, mais je m'en fous. Je suis une pèlerine et je veux dormir en pèlerine. Il n'y a aucune raison pour que je dorme seule avec lui cette nuit. En plus, ce serait juste de tenter le diable par la queue. lol.
On nous met, Mia et moi, dans une chambre de filles et Romain tout seul à côté dans sa chambre de gars. Les auberges de jeunesse séparent souvent les sexes, alors que dans les auberges de pèlerins, les dortoirs sont mixtes. Quand je sors de la douche, Mia me fait remarquer qu'elle croit que Romain est faché. Je lui explique ce qui s'est passé à la réception et on en rit un peu. Plus tard, il revient plus calme et m'invite à aller manger. À mon tour, j'invite Mia à se joindre à nous. Elle n'a pas encore pris sa douche. Romain ne veut pas l'attendre. Moi oui! J'aime mieux aller manger avec une copine de bonne humeur qu'un homme à moitié boudeur.
Mia et moi, on rencontre une nouvelle pèlerine espagnole. Je passe la soirée à traduire de l'allemand (que je parle quand même assez bien) vers l'espagnol (que je baragouine à peine) et vice-versa. J'ai la tête qui surchauffe, mais on rit comme des folles et on mange (de la pieuvre) comme des cochonnes sous les bonnes suggestions d'Esmeralda, qui connait bien les spécialités espagnoles.
Je m'appelle Marie-France. Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages. J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une
façon assez spéciale d'explorer le monde.
Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle. Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.
J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres. Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois. Je risque d'avoir des choses à dire. ;-)
Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance
Ich heisse Marie-France. Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada. Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen. Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist. ;-)
Ich wünsche Sie einen guten Besuch.
Bis bald.
..MFrance
Soy Marie-France de Canada. Soy profesora de Idioma y me gusta viajar. Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais. Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.
Buen visita.
..MFrance
C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap.. juste pour voir où la vie nous mène.
... bonne école buissonnière à tous!
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