Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 15:37

100 2872Il y avait autre chose que je voulais dire à propos du chemin le plus difficile.  Quand je marchais avec Jana et Michael, à un moment donné, on est arrivé à une espèce de chicane. 

 

Non, non, on ne s'est pas chicané!  Une chicane, c'est une espèce de barrière qui laisse passer une personne à la fois et qui complique la vie aux bicyclettes et, dans ce cas, empêche les vaches et autres animaux de passer la clôture.  On en voit souvent dans les alpages.  Il y avait une barrière et juste à côté une chicane TRÈS étroite.  On avait de la difficulté à passer avec nos sacs à dos.  Il fallait se trémousser de gauche à droite pour arriver à faire passer tout notre attirail.  C'était très drôle.  On appelait ça "le test du back-sack".  Si ton back-sack ne passe pas, c'est que tu en transportes trop.  On a pris la chose en riant.  Michael a même pris des photos de nous à demi-coincées dans la chicane.  Comme dans tout bon alpage.  Si les vaches ne doivent pas passer d'un côté, elles ne doivent pas100_2873.JPG passer de l'autre.  Il y avait donc une autre chicane tout aussi étroite et une autre partie de rire.  Enfin, juste après la deuxième chicane, il y avait un parc avec des tables et nous avons pris une pause.  Alors que nous nous reposions, un homme est arrivé, il a ouvert la barrière et a passé à côté de la chicane le plus sérieusement du monde.

 

On l'a regardé faire et on s'est tous esclaffés.  Nous, on avait peiné et souffert (bon, j'exagère!) pour passer, alors que juste à côté, il existait une façon tellement plus facile.   

 

Ça m'a fait réfléchir un peu.  Parfois, on a pas toujours l'impression d'avoir choisi le chemin le plus difficile.  Parfois, on passe une phase un peu plus difficile de la vie et on a l'impression de ne pas avoir choisi.  Et pourtant, il existe souvent la version plus facile juste à côté, mais on ne l'a pas vue.  On choisit le chemin le plus difficile pour diverses raisons:  parce qu'il est plus drôle, parce qu'on ressent le besoin de relever des défis, parce qu'on a quelque chose à apprendre ou parce qu'on a tout simplement oublié de regarder s'il était possible d'ouvrir la barrière juste à côté.  

 

Aujourd'hui encore, j'ai choisi le chemin le plus difficile sans vraiment le choisir et pourtant..

 

25 sept: de Larido à Santaña, en prenant des détours et en tournant en rond.  lol.  10+6 km 

 

Hier, j'ai retrouvé David (qui avait la chambre à côté de la mienne), mais je n'ai pas vu Katrin.  Ce matin, j'avais l'intention de me rendre jusqu'à Guemes, en grande partie, parce que je savais que Katrin voulait être là, ce soir.  Je voulais tenir le rythme.  Par contre, le camino, pour Katrin, devient parfois une course.  On dirait qu'elle n'a jamais assez marché dans la journée, elle veut toujours aller plus loin pour se rendre plus vite à destination.  Ce n'était pas mon intention au départ et ce ne l'est toujours pas.  Ce matin, David m'a demandé où j'avais l'intention d'aller et j'ai répondu "Guemes", mais dans ma tête, il y avait un petit doute.  Non seulement, j'avais un doute, mais je trouvais dommage de faire un si long trajet (25km) sans pouvoir prendre le temps de visiter Santaña sur le trajet.  Il m'a répondu que lui aussi allait à Guemes et on s'est dit au revoir.  On est parti chacun notre chemin.  En sortant du couvent, j'ai fait un petit détour vers l'office de tourisme (que je savais fermée, mais je voulais essayer).  Ça me faisait sortir du chemin (et des fameuses flèches jaunes qui nous guident tout le long du pèlerinage). 

 

SANY0280.JPGAlors, je me suis retrouvée dans la ville à demander mon chemin.  Les gens (toujours très gentils) m'ont auguillé dans la bonne direction (vers Santaña) et j'ai retrouvé mes flèches jaunes adorées (et si rassurantes).  Mais, voilà, le chemin n'était pas si bien balisé que d'habitude.  J'ai dû revenir à quelques occasions sur mes pas, demander mon chemin, traverser un pont pas du tout fait pour les piétons.  La pluie s'en est mêlée.  Le bordel, quoi!  Tout ça pour me rendre compte que j'avais fait un détour (que j'estime à environ 6km) par une ville où je n'avait pas du tout à passer (ce qui explique le chemin mal balisé). 

 

Je suis arrivée à Santaña vers les 14h00.  J'ai tout de suite trouvé l'auberge, dont la responsable quittait pour aller manger.  Contre toute attente, elle m'a laissé entrer et m'installer deux heures avant l'ouverture officielle.  Quand un endroit m'accueille si bien, c'est qu'il est fait pour moi.  J'ai pu prendre ma douche avant tout le monde (et profiter de la propreté des lieux), choisir mon lit et sortir visiter la ville. 

 

Aujourd'hui, mon chemin a peut-être été plus difficile que d'habitude, mais il m'a remis sur mon propre chemin.  Il n'est pas nécessaire de suivre Katrin dans sa course aux longues étapes.  Mon premier choix était de faire des étapes plus courtes et prendre le temps de profiter du voyage.  Si elle prend son temps plus tard, je la rattrapperai peut-être, sinon tant pis!  Moi, je suis mon chemin!

 

Demain, sûrement Guemes.  Ce sera une petite étape, mais il paraît que cette auberge est une des plus belles et des plus conviviales.  Katrin et David n'y seront probablement plus, mais je ne manquerais pas cela pour tout l'or du monde.

 

Bye bye et Buon Camino.

 

..MFrance 

 

 

PS..  je viens d'ajouter pas mal de photos sur mes anciens articles.  Ce sont surtout des photos que Michael, parfois Jana, ont prises. 

 

 

2e PS.. Mon détour a été beaucoup plus long que je ne le croyais.  Après vérification, je n'avais pas du tout à faire le tour de la baie à pied (les 10km), je n'avais qu'à prendre un bateau pour traverser.  Voilà pour mes 16 km de la journée.  Ça m'apprendra à voyager à l'aveuglette.  Pourtant, je suis bien contente d'être à Laredo et si j'avais traverser en 10 minutes, je serais passée tout droit.

 

 

 

3e PS..  La magie de la Vie..  (ou l'histoire de la blouse blanche)

Il y a des signes que la vie nous envoie pour nous montrer que nous sommes sur le bon chemin et au bon endroit.  La semaine dernière, à plusieurs occasions, j'ai revu dans ma tête une de mes anciennes blouses, ma blouse blanche préférée à l'époque où je travaillais au Cégep de Granby.  T'en souviens-tu Myriam? Je ne sais pas pourquoi j'y pensais tout le temps,  j'ai usé cette blouse il y a plus de 10 ans et j'ai dû la jeter (à regret) tellement elle tombait en lambeaux.  Quand j'étais à Laredo, je m'étais choisi un gentil petit resto où j'avais l'intention d'aller manger pour le souper.  Arrivée à 18h00, je m'assoids à une table et le patron m'interpelle nerveusement, me dit sur un ton sec que si je veux manger un hamburger ou un sandwich, c'est bon, mais pour du poisson il faut que j'attende à 19h00. 

 

Je ne me sens pas très bien reçue et je suis surprise parce que j'avais un bon "feeling" pour ce resto et de plus ça n'a pas l'air cher.  Bien que je ne comprenne rien au menu, je décide d'aller faire un tour et de revenir avant 19h00 pour tout traduire avec mon dictionnaire.  Je me lève et entre dans ce qui ressemble à un magasin à 1$ un peu plus loin.  Je fais le tour, je choisis un savon et juste avant d'arriver à la caisse, elle me saute aux yeux.  Elle est accrochée sur un support bien en vue... à MA vue.  Elle est presque pareille, même couleur, même coupe, seul le tissu et quelques détails sont différents..  ma blouse blanche!  Je n'ai pas besoin de l'essayer, je sais qu'elle me fait.  12.50 euros.  J'achète.  Je suis désolée pour tout ce que j'ai dit sur les accros du shopping dans "le strict minimum II".  Voilà que je me mêle de magasiner avec mon back-sack sur le dos. lol.

 

Je reviens au resto à 18h40.  Le proprio revient me voir et est maintenant doux comme un agneau.  Il me dit que je peux commander ce que je veux et qu'il va essayer de me le faire.  Je comprends que ses employés sont enfin rentrés.   J'ai mangé comme une cochonne des bons fruits de mer, à très bon prix.  Le patron s'est avéré être un homme tout à fait sympathique.  

 

SANY0286.JPGPourquoi cette blouse et pourquoi maintenant?  Pourquoi ici à Laredo?  Pourquoi le patron était-il d'abord bête comme ses pieds, puis doux comme un ange?  Je ne sais pas.  Je ne comprends pas tout.  Et je me dis que ce n'est pas à moi de comprendre.  Ici viendrais, je crois, cette phrase énigmatique : "Les voies de Dieu sont impénétrables".  Lui seul voit tout le portrait de l'Univers.  Lui seul voit tout le tableau.  Pour moi, pauvre mortelle,  une seule petite pièce du grand casse-tête est disponible et l'émerveillement de la Vie se produit quand cette pièce s'accroche finalement à une autre.  

 

Pour moi, cette chemise représente simplement un signe de la Vie, comme quoi je me trouve bel et bien à la bonne place et au bon moment.  Bref, sur le bon chemin.  C'est un cadeau de la Vie en quelque sorte, et oui, ça m'a fait plaisir!  Pourquoi devais-je absolument me trouver à Laredo cette journée-là?  Pour mettre quelques km entre moi et Katrin?  Pour ce nouveau groupe de pèlerins que je viens de rencontrer?  Je n'en sais rien.  Les voies de Dieu sont impénétrables.  Et ce n'est pas à moi de comprendre.  

 

De toute façon, Merci!   Merci pour la blouse!   Merci pour Laredo!   Merci pour le patron du restaurant si gentil!

 

Et surtout, surtout.. Merci pour la Magie!  

 

 

..MFrance

 

  

 

 

 

 

Par MFranceFa9 - Publié dans : hors des sentiers battus - Communauté : Blogueurs du Québec
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Bonjour.

Je m'appelle Marie-France.   Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages.  J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une façon assez spéciale d'explorer le monde.  

Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle.  Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.  J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres.  Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois.  Je risque d'avoir des choses à dire.  ;-)

 Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance

Grüssgott.

Ich heisse Marie-France.  Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada.  Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen.  Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist.    ;-)

 

Ich wünsche Sie einen guten Besuch.

Bis bald.

..MFrance

Hola.

Soy Marie-France de Canada.  Soy profesora de Idioma y me gusta viajar.  Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais.  Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.

 

Buen visita.

..MFrance

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faire l'école buissonnière..

C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap..  juste pour voir où la vie nous mène.

 

   ... bonne école buissonnière à tous!

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