Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 16:07

 

Au début de mon voyage, on me demandait souvent:  "Pourquoi as-tu choisi le "Camino del Norte"?"  Je répondais: parce que c'est le plus beau, le plus tranquille et le plus difficile.  Tout le monde comprend pourquoi je choisis la beauté.  Certaines personnes comprendront facilement pourquoi je choisis la tranquilité, d'autres auraient fait un autre choix.  Mais la difficulté, c'est déjà pas mal plus difficile à comprendre.  Et pourtant, partout sur mon chemin de Vie, j'ai choisi le chemin le plus difficile.

 

Choisir le chemin le plus difficile

 

100_3186.JPGLa difficulté m'apporte un contentement incompréhensible pour celui qui choisit tous les jours la facilité.  Et quand je regarde à quel point leur vie est compliquée à comparer à la mienne, je me félicite de mon choix.  Au bout de la difficulté, tout devient si facile. 

 

Aujourd´hui, j'ai fait 24 kilomètres sous la pluie, les deux doigts dans le nez.  Bon! Ou presque!  Il est vrai que la dénivellation est beaucoup plus douce que la semaine dernière.  Ça compte pour beaucoup.  Mais quand même, je comprend maintenant que le chemin m'entraîne et me forme. Avec la difficulté, je deviens plus forte et tout devient plus facile.

 

Je suis arrivée à l'auberge vers les 3h00, trempe à lavette (j'exagère) et full énergie.  J'aurais pu continuer encore quelques kilomètres, mais je voulais profiter de la ville (Lerado) pour avoir accès à Internet et tout autre commodités. 

 

J'ai tellement de choses à dire.  Beaucoup de choses se sont passés depuis Bilbao.

 

21 sept.: Bilbao à Portugalete, 19km, env.  300m je crois.

 

À Bilbao, je commençais à trouver ça difficile de gérer un groupe.  On était très dépendants les uns des autres.  On avait parfois une seule clé pour toute la chambre.  On marchait, dormait, mangeait et vivait ensemble comme si on ne faisait qu'un.  Ça ralentit un peu de vivre en groupe.  Il y en a toujours après qui on attend.  Parfois, quand on est tous fatigués, il y en a qui veulent arriver plus vite à destination, d'autres qui traînent de la patte.  Pour une grande solitaire comme moi, j'ai trouvé cela très difficile, mais j'ai pris le temps de vivre l'expérience sans trop "pogner les nerfs" et on a bien réussi.  Malgré tout, à Bilbao, on a pris le temps de mettre les points sur les "i" et on a parlé à coeur ouvert.

 

Finalement, mon groupe de 4 et moi, on a décidé de rester ensemble pour un p'tit bout et on a bien fait.  On a réservé une pension à Portugalete.  2 chambres.  Ça nous a coûter environ 20Euros chacun. 

 

22 sept: Portugalete à Mioño,  je ne sais plus combien de km (on a pris un raccourci)

 

Le lendemain, on se rend à Pobeña à 11km (je crois).  Petite journée.  On part quand même de bon matin et notre groupe de 4 monte rapidement à 6, puis à 7.  En effet, dès le matin, on rencontre un couple de retraités qui vient du Danemark.  On marche ensemble et je me trouve des points communs avec Maya (la femme) qui est une ancienne prof de secondaire.  Plus tard, dans l'avant-midi, on rencontre Katrin, qui vient d'Allemagne.  Elle a environ mon âge et on se découvre tout de suite des points communs dans notre façon de voyager.  C'est une aventurière comme moi,  une vraie de vraie hippie, tout comme moi, avec du poil en dessous des bras.  lol.  On marche ensemble jusqu'à Pobeña en se racontant nos voyages.  Tout le groupe se suit et quand on arrive à Pobeña, c'est la plage qui nous attend puisque l'auberge n'est pas encore ouverte.  On arrive à 12h00, l'auberge, elle, n'ouvre qu'à 15h30.  On dine sur un banc de parc, puis on décide d'aller se baigner un peu en attendant l'auberge.  Le couple de retraités (sagesse oblige) décide d'aller attendre devant l'hôtel. 

 

Quand, finalement, on décide de se rendre à l'auberge, SANY0261.JPGon entend entre les branches qu'elle est complète.  Cette nouvelle me ravie, je suis prête pour l'aventure.  Mon coeur bat un peu plus vite, mais de Bonheur à l'idée de ne pas trop savoir où je dormirai ce soir.  Le temps est magnifique et j'ai maintenant une amie aventurière pour dormir avec moi à la belle étoile. Une seule chose me chicote:  où va dormir Jana ce soir.  On se rend tout de même à l'auberge.  Elle est effectivement complète, "pero l'hospitalero" (mais l'hôte) nous propose de dormir sur des matelas de camp à même le sol dans la grande salle.  Enfin, je suis rassurée pour Jana, elle aura un toit sur sa tête ce soir.  C'est sa dernière nuit avant de retourner chez elle.  Tant qu'à Katrin et moi, on décide assez vite de sauter sur l'occasion pour partir à l'aventure.  L'hospitalero nous met dans la bonne direction. 

 

Je fais mes adieux à Jana et Michael avec un peu d'émotion.   On a fait, je crois, 275 km ensemble.  Ce n'est pas rien, ça!   Tous nos amis "peregrinos" nous regardent repartir avec enthousiasme et, je crois aussi, un brin d'envie.  Ah!  L'aventure!  Quand tu nous tiens!   On repart le coeur léger et les deux pieds avide de chemins inconnus. 

 

SANY0258.JPGKatrin a un livre qui la guide à travers les raccourcis.  On longe la côte.  Katrin voudrait un toit pour la nuit (une grange ferait l'affaire) pour se protéger de l'humidité.  Pour ma part, je trouve le temps fantastique et j'aurais volontiers dormi à la belle étoile avec mon imperméable par-dessus mon sleeping bag pour me protéger de la rosée.  Mais à deux, il faut faire des compromis.   

 

On arrive finalement sur une plage avec un parking à la tombée du jour.  Dans la parking, il y a quelques autos et un petit camping-car. On soupe sur un banc et on décide d'aller explorer les alentours.  Comme on se lève, la dame du camping-car s'approche timidement et nous fait des signes mystérieux.  On s'approche, curieuses, et elle finit par s'adresser à nous.. en allemand.  Katrin est ravie.  Je suis époustouflée.  Elle nous invite à passer la nuit dans son camping-car.  Une invitation comme ça, ça ne se refuse pas!  On lui dit qu'on aimerait quand même explorer, mais on revient vite et on fait la connaissance d'un couple formidable d'Allemands retraités qui vont à l'aventure avec leur camping-car avec leurs deux p'tits chiens.  

 

Katrin fait ce voyage depuis 7 ans.  Elle a commencé en France et, chaque année, elle retourne à l'endroit où elle avait laissé et continue son pèlerinage.  Beaucoup d'Européens font ça, des p'tits bouts de pèlerinage chaque année.  C'est le cas pour Jana et Michael.  L'année prochaine, ils reviendront à Portugalete et continueront leur périple vers Compostelle.

 

23 sept: Mioño à El Pontaron, ? env. 15km 

 

On a bien déjeuner avec nos amis Allemands.  SANY0264.JPGOn a rencontré David, un Espagnol de notre âge qui vient de Madrid.  Comme il ne parle pas un mot d'anglais ni d'allemand, ni de français, ça nous fait apprendre l'espagnol.  David a choisi de dormir à Islares.  Il était parti de Portugalete au matin et était plus fatigué que nous.  Nous avons continué encore 3 km.  J'adore voyager avec Katrin, mais je dois admettre que mon indépendance et ma solitude me manque. 

 

Il me semble que je ne suis plus jamais seule depuis que je voyage toute seule. 

 

On dort à 20 dans les dortoirs, on marche à 4, à 7 ou à 2.  C'est la même chose.  Il y a trop de compromis à faire.  Avec les jeunes, c'était surtout moi et Jana qui imposions notre volonté.  Ce que femme veut....  On allait où on voulait et on attendait après les garçons.  Maintenant, avec Katrin, je remarque que c'est elle qui impose sa volonté.  Elle ne fait aucun compromis.  On achète son fromage.  On prend ses raccourcis.  On choisit ses destinations.  On arrête quand elle est fatiguée.  On mange quand elle a faim.  Je suis peut-être égoïste, mais je m'ennuie de faire ce que je veux.   Je commence à me sentir comme un p'tit chien de poche.

 

24 sept:  El Pontarron à Lerado, 24 km, pas très haut.

 

SANY0278.JPGC'est le regard de Katrin qui m'aide à me décider.  À deux occasions depuis hier, j'ai l'impression de lui taper sur les nerfs ou d'être de trop.  C'est probablement seulement une impression, puisqu'on s'entend bien, mais je sais suivre mon instinct et je prends vite la décision qui convient.  Je m'excuse auprès d'elle et lui explique que j'aimerais marcher toute seule pour la journée.  Peut-être nous rencontrerons-nous plus tard sur le chemin.  Je sais que j'ai pris une bonne décision quand je me sens bien dans mon coeur après l'avoir prise.  C'est le cas, ce matin.  Enfin, je respire.  Si Katrin et moi, sommes faites pour vivre encore plus d'aventures ensemble, nous nous retrouverons.  Sinon, tant pis.  Il faut savoir laisser aller.  J'espère quand même que je la retrouverai. 

 

 

 

 

Arrêt à Laredo.  C'est la fête, ce soir.  Tout le monde est déguisé en médiéval.  J'ai une chambre privée dans un couvent de religieuses.  Il parait que Katrin est là aussi.  Derrière moi, ça chante et c'est chaotique, alors je vais y aller pour voir comment on fête ça, une fête médiévale en Espagne.

 

À bientôt, fidèles lecteurs et "Buen Camino" dans vos propres vies.

 

..MFrance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par MFranceFa9 - Publié dans : hors des sentiers battus - Communauté : Blogueurs du Québec
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C'est moi! Ich bin's!

  • Petite Marie de par le vaste Monde
  • : Les voyages et les réflexions d'une Québécoise un peu flyée.
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Bonjour.

Je m'appelle Marie-France.   Je suis professeur de francisation, éternelle vagabonde, grande amoureuse de la Nature et des voyages.  J'aime sortir des sentiers battus et j'ai une façon assez spéciale d'explorer le monde.  

Je vous propose de visionner mon "roadtrip" en Côte-Nord/Gaspésie et de marcher avec moi sur le Chemin de Compostelle.  Ce sont des voyages extraordinaires que j'ai fait.  J'en ai fait d'autres et j'en ferai d'autres.  Je pars sous peu en Chine enseigner le français à des futurs immigrants québécois.  Je risque d'avoir des choses à dire.  ;-)

 Bonne visite et.. à bientôt.
..MFrance

Grüssgott.

Ich heisse Marie-France.  Ich bin Sprachlehrerin von Quebec, Kanada.  Ich lade Sie ein, um meinen Abenteuer in "Keine da" zu anschauen.  Es ist eine Reise, dass ich in meine eigenen Land in August 2009 gemacht habe,und ich bin wirklich gegangen, wo es keine da bist.    ;-)

 

Ich wünsche Sie einen guten Besuch.

Bis bald.

..MFrance

Hola.

Soy Marie-France de Canada.  Soy profesora de Idioma y me gusta viajar.  Puede usted mirar un viajo que hice in Agosto 2009 in mi pais.  Despuès he hecho el Camino de Santiago (Camino del Norte) y ahora estoy haciendo la vuelta del España y estoy aprendando el español tambien.

 

Buen visita.

..MFrance

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Commentaires - Kommentare

faire l'école buissonnière..

C'est s'engager, un bon matin (comme à tous les matins) sur le chemin de l'école et décider soudainement de ne pas y aller.. de tout simplement changer de cap..  juste pour voir où la vie nous mène.

 

   ... bonne école buissonnière à tous!

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